C'est la saison des déclarations d'impôts. Pour un salarié, tout est pré-rempli et il suffit de vérifier. Pour un freelance, c'est une autre histoire : formulaires supplémentaires, cases spécifiques, revenus professionnels à intégrer manuellement… Une erreur ou un oubli peut coûter cher, en trop ou en trop peu. Ce guide fait le point sur comment déclarer ses revenus 2025 selon son statut, avec les bons formulaires, les bonnes cases et les pièges à éviter.
Les dates clés de la déclaration 2026
La déclaration porte sur les revenus de l'année 2025, à déclarer au printemps 2026. Les dates limites varient selon votre département :
| Zone | Départements | Date limite en ligne |
|---|---|---|
| Zone 1 | 01 à 19 + non-résidents | 22 mai 2026 |
| Zone 2 | 20 à 54 | 28 mai 2026 |
| Zone 3 | 55 à 976 | 4 juin 2026 |
La déclaration papier (peu fréquente) ferme généralement mi-mai. Pour les professionnels avec une déclaration de résultats (2031, 2035, 2065), les liasses fiscales doivent être déposées avant le 5 mai 2026 pour les exercices clos au 31 décembre 2025.
Micro-entrepreneur : le formulaire 2042 C PRO
En tant que micro-entrepreneur, vous n'avez pas de liasse fiscale à remplir. Tout se passe dans la déclaration principale 2042, sur l'annexe 2042 C PRO(complémentaire revenus des professions non salariées).
Cases à remplir selon votre activité
| Type d'activité | Régime | Case 2042 C PRO |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | Micro-BIC | 5KO (chiffre d'affaires brut) |
| Prestations de services commerciales (BIC) | Micro-BIC | 5KP (chiffre d'affaires brut) |
| Professions libérales, activités non commerciales (BNC) | Micro-BNC | 5HQ (recettes brutes) |
Important : vous déclarez votre chiffre d'affaires brut, pas un bénéfice. L'administration applique elle-même l'abattement forfaitaire (71 % pour les ventes, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC) pour calculer votre revenu imposable.
Versement libératoire (VFL) : case différente
Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'IR, déclarez vos recettes dans les cases spécifiques VFL (5TA, 5TB, 5TE selon l'activité). Ces montants sont informatifs : l'impôt est déjà payé avec vos cotisations URSSAF mensuelles ou trimestrielles.
EI au régime réel : 2031 (BIC) ou 2035 (BNC)
Si vous exercez en entreprise individuelle au régime réel (non micro), vous devez déposer une liasse fiscale avant le 5 mai, puis reporter le résultat sur votre déclaration 2042 C PRO.
BIC réel : la déclaration 2031
La déclaration 2031 sert aux entreprises individuelles soumises au régime réel BIC (activités commerciales, artisanales ou industrielles). Vous y déclarez vos recettes, vos charges déductibles et calculez votre bénéfice. Le résultat est ensuite reporté en case 5KC (bénéfice) ou 5KF (déficit) de la 2042 C PRO.
BNC réel : la déclaration 2035
La déclaration 2035 est réservée aux professions libérales et activités non commerciales (BNC) au régime de la déclaration contrôlée. Elle permet de déduire l'intégralité de vos charges réelles : matériel, loyer d'un bureau, frais de déplacement, cotisations Madelin, etc. Le bénéfice calculé est reporté en case 5HG(bénéfice) ou 5HJ (déficit) de la 2042 C PRO.
Quand passer du micro au régime réel ?
Le régime réel (2035 ou 2031) devient intéressant quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire du micro. Pour un BNC avec 34 % d'abattement, si vos charges réelles représentent plus de 34 % de vos recettes, le réel vous fera payer moins d'IR. Consultez le simulateur pour comparer les deux régimes selon votre situation.
EURL à l'IR : même logique que l'EI
Une EURL (SARL unipersonnelle) soumise à l'IR fonctionne en transparence fiscale : le bénéfice de la société est directement intégré à votre déclaration personnelle, qu'il soit distribué ou non. Vous utilisez les mêmes cases que l'EI au réel (5KC/5HG selon le type d'activité), sur la base de la liasse fiscale de l'EURL.
Attention : à l'IR, vous payez l'impôt sur 100 % du bénéfice de l'EURL, même si vous ne vous êtes versé qu'une partie en rémunération. C'est une différence fondamentale avec l'EURL ou la SASU à l'IS.
EURL / SASU à l'IS : deux choses à déclarer
Quand votre société est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), vous n'êtes imposé à l'IR que sur deux éléments : votre rémunération de dirigeant et vos dividendes. Les bénéfices laissés en trésorerie ne sont pas imposés à l'IR dans l'année.
Déclarer sa rémunération de gérant ou de président
La rémunération versée par votre SASU ou EURL IS est traitée comme un salaire (catégorie traitements et salaires pour un président de SASU, ou BNC/TNS pour un gérant d'EURL IS). Elle doit être déclarée en case 1AJ (ou 1BJ pour le conjoint) de la déclaration 2042, après déduction des frais professionnels (abattement de 10 % automatique, ou frais réels sur option).
Cette information est normalement pré-remplie si votre société a émis des bulletins de paie ou des attestations fiscales. Vérifiez tout de même que le montant correspond bien à la rémunération nette imposable versée en 2025.
Déclarer ses dividendes via l'IFU 2561
Si vous avez perçu des dividendes de votre SASU ou EURL IS en 2025, votre société doit vous transmettre un IFU (Imprimé Fiscal Unique), formulaire 2561. Ce document récapitule les dividendes versés et les prélèvements à la source déjà effectués.
Les dividendes sont soumis par défaut au PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 31,4 % — soit 12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG/CRDS et autres). Ce taux est définitif : rien de plus à payer.
Option pour le barème progressif
Vous pouvez opter pour l'imposition des dividendes au barème progressif de l'IR à la place du PFU. Cette option est globale (elle s'applique à tous vos revenus du capital pour l'année) et peut être avantageuse si votre TMI est inférieur à 12,8 %. Dans ce cas :
- Un abattement de 40 % s'applique sur les dividendes bruts.
- La CSG payée est partiellement déductible (6,8 % sur les 17,2 % de prélèvements sociaux).
- Le montant net est ajouté à vos autres revenus et taxé au barème progressif.
Pour la majorité des freelances dont le TMI est de 30 % ou plus, le PFU à 31,4 % reste plus avantageux que le barème avec abattement de 40 %.
Tableau récapitulatif : quel formulaire pour quel statut ?
| Statut | Liasse fiscale | Cases déclaration 2042 | Dividendes |
|---|---|---|---|
| Micro-BNC | Aucune | 5HQ (recettes brutes) | — |
| Micro-BIC services | Aucune | 5KP (CA brut) | — |
| EI / EURL IR (BNC) | 2035 | 5HG (bénéfice) / 5HJ (déficit) | — |
| EI / EURL IR (BIC) | 2031 | 5KC (bénéfice) / 5KF (déficit) | — |
| EURL IS / SASU IS — Rémunération | 2065 (société) | 1AJ (salaire net imposable) | Via IFU 2561 |
Les acomptes de prélèvement à la source
Si vous avez des revenus professionnels non salariaux (EI, EURL IR, micro en barème progressif), vous payez l'IR sous forme d'acomptes mensuels ou trimestrielsprélevés directement sur votre compte bancaire. Ces acomptes sont calculés sur la base de votre revenu N-1 (ou N-2 la première année).
Le calendrier des acomptes 2026
| Fréquence | Dates de prélèvement |
|---|---|
| Mensuelle | Le 15 de chaque mois |
| Trimestrielle | 15 février, 15 mai, 15 août, 15 novembre |
Moduler ses acomptes en cours d'année
Si votre revenu 2026 sera significativement différent de 2025 (lancement d'activité, montée en charge, ou au contraire ralentissement), vous pouvez moduler vos acomptes sur impots.gouv.fr > Gérer mon prélèvement à la source > Modifier mes acomptes. Cette action est possible à tout moment et prend effet rapidement.
Attention : si vous modulez à la baisse et que l'impôt final est supérieur de plus de 10 % à vos acomptes, une majoration de 10 % s'applique sur la différence. Modulez prudemment.
La première année de freelance : anticipez !
Si vous avez démarré votre activité en 2025, vous n'avez versé aucun acompte d'IR pendant l'année (pas d'historique). Vous paierez votre premier IR en septembre 2026 (solde après déclaration). Provisionnez dès maintenant — la majorité des freelances qui ne provisionnent pas sont surpris par la note en fin d'été.
Règle pratique : mettez de côté chaque mois entre 15 % et 30 % de vos recettes nettes, selon votre tranche marginale estimée.
Les pièges classiques à éviter
Oublier ses dividendes
En SASU IS, certains dirigeants oublient de déclarer les dividendes perçus, pensant que la flat tax prélevée à la source suffit. En réalité, les dividendes doivent toujours figurer dans la déclaration 2042 (rubrique revenus de capitaux mobiliers), même s'ils ont déjà subi le PFU. L'administration reconcilie les données avec l'IFU 2561 transmis par votre société.
Confondre CA et bénéfice
En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d'affaires brut — pas un bénéfice calculé. L'abattement est appliqué automatiquement par l'administration. Beaucoup de micro-entrepreneurs font l'erreur de déduire eux-mêmes leurs charges avant de déclarer, ce qui est incorrect dans ce régime.
Ne pas déclarer les revenus mis en réserve (EURL IR)
En EURL à l'IR, vous êtes imposé sur le bénéfice de la société, pas sur ce que vous vous versez. Si l'EURL a réalisé 80 000 € de bénéfice mais que vous ne vous êtes versé que 40 000 €, vous payez l'IR sur 80 000 €. Les bénéfices mis en réserve ne sont pas protégés à l'IR en régime transparent.
Négliger la CSG déductible
Pour les indépendants TNS, une partie de la CSG payée sur vos revenus professionnels est déductible du revenu imposable (6,8 % sur les cotisations prélevées à ce titre). Cette déduction est normalement pré-remplie, mais vérifiez sa cohérence avec vos relevés URSSAF.
Dividendes EURL IS : attention aux cotisations sociales
Contrairement à la SASU, les dividendes distribués par une EURL IS sont soumis aux cotisations sociales TNS (SSI/URSSAF) dès lors qu'ils dépassent 10 % du capital social et des sommes versées en compte courant d'associé. Ces cotisations s'ajoutent aux prélèvements sociaux du PFU — la fiscalité réelle des dividendes EURL est donc plus lourde que pour une SASU.
Pour en savoir plus : Dividendes EURL 2026 : tout ce qu'il faut savoir.
Ce que le simulateur peut faire pour vous
Avant de déclarer, il est utile de simuler votre situation fiscalepour vérifier que vos acomptes ont été correctement calibrés et anticiper un éventuel solde à payer. Le simulateur DansTaPoche intègre le moteur officiel URSSAF (Publicodes / modele-social) et calcule en temps réel la charge fiscale complète selon votre statut : cotisations sociales, IS et IR, revenu net final.
Il est particulièrement utile pour simuler l'impact d'une modulation d'acomptes, d'un versement PER de dernière minute, ou d'un changement de statut pour 2026.