Quand vous créez une SASU ou une EURL, votre société est en principe soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). C'est la société qui paie l'impôt sur ses bénéfices — pas vous directement. Ce mécanisme est fondamental pour comprendre pourquoi l'optimisation salaire/dividendes a du sens, et pourquoi les charges déductibles comptent autant.
Dans cet article, on explique comment fonctionne l'IS en 2026 : taux, base imposable, calendrier de paiement — et surtout, comment choisir entre IS et IR si vous avez le choix.
Comment fonctionne l'IS ?
L'impôt sur les sociétés s'applique sur le bénéfice net comptable de votre société : ce qui reste après déduction de toutes les charges (salaire du dirigeant, cotisations sociales, loyer, matériel, frais divers…). Si votre société ne fait pas de bénéfice, elle ne paie pas d'IS.
Le cycle est simple : votre exercice comptable se clôture (souvent le 31 décembre), vous déposez votre liasse fiscale dans les mois suivants, et vous payez l'IS calculé sur le bénéfice. En cours d'année, vous versez des acomptes trimestriels basés sur l'IS de l'année précédente.
Taux IS 2026 : 15 % puis 25 %
En 2026, deux taux d'IS coexistent pour les PME éligibles :
| Tranche de bénéfice | Taux IS |
|---|---|
| Jusqu'à 42 500 € | 15 % (taux réduit PME) |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % (taux normal) |
Le taux réduit de 15 % s'applique aux PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital est entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Pour la grande majorité des freelances en SASU ou EURL, ces conditions sont réunies.
Exemple : votre SASU réalise 80 000 € de CA, vous vous versez 36 000 € de salaire brut (charge déductible), il reste 44 000 € de bénéfice (on simplifie). L'IS se calcule ainsi :
- 42 500 € × 15 % = 6 375 €
- 1 500 € × 25 % = 375 €
- IS total = 6 750 €
Le bénéfice après IS = 44 000 − 6 750 = 37 250 €, distribuables en dividendes (soumis à la flat tax de 31,4 %).
Qu'est-ce qui est déductible ?
La base imposable de l'IS est le bénéfice comptable après toutes les charges. En tant que dirigeant, les charges les plus importantes sont :
- Votre rémunération de gérant/président et les cotisations sociales associées — entièrement déductibles
- Les frais professionnels : matériel informatique, téléphone, déplacements, repas d'affaires (dans les limites légales)
- Le loyer de votre bureau ou quote-part de loyer si vous travaillez depuis chez vous
- Les logiciels et abonnements professionnels (SaaS, outils métier…)
- Les amortissements sur le matériel acheté (déduction étalée sur la durée de vie du bien)
- La mutuelle santé souscrite par la société (Madelin pour les TNS, régime collectif pour le président de SASU)
- Les intérêts d'emprunt si la société a emprunté pour financer son activité
Plus vous avez de charges déductibles, plus votre bénéfice imposable est faible, et donc moins vous payez d'IS. C'est pourquoi les charges sont un levier d'optimisation à ne pas négliger — dans la limite du raisonnable et des règles fiscales.
Pourquoi l'IS est avantageux pour les freelances
L'IS présente deux avantages structurels pour les indépendants à revenu élevé.
Le premier est le taux réduit sur la première tranche. À 15 % jusqu'à 42 500 €, l'IS est souvent inférieur au taux marginal d'IR (30 % ou 41 %) que paierait une EURL à l'IR sur le même bénéfice.
Le deuxième est la maîtrise du timing de l'imposition personnelle. Sous l'IS, vous ne payez l'IR que quand vous vous distribuez des dividendes. Si vous laissez des bénéfices dans la société pour financer votre activité ou constituer une trésorerie, vous différez l'imposition. Cela vous donne une flexibilité que n'offre pas l'IR.
IS vs IR : quand choisir l'un ou l'autre ?
L'EURL peut choisir d'être imposée à l'IR (impôt sur le revenu) plutôt qu'à l'IS. La SASU est obligatoirement à l'IS (sauf option temporaire IS→IR sur 5 ans sous conditions). Voici comment raisonner :
| Critère | IS (SASU ou EURL) | IR (EURL) |
|---|---|---|
| Imposition du bénéfice | 15 % puis 25 % sur le bénéfice société | Barème progressif IR (0–45 %) sur votre quote-part |
| Charges sociales | Sur le salaire du dirigeant uniquement | Sur le bénéfice (assiette TNS avec abattement 26 %) |
| Dividendes | Flat tax 31,4 % (ou barème sur option) | Pas de dividendes (bénéfice directement taxé) |
| Optimisation salaire/dividendes | Oui — c'est l'intérêt principal | Non applicable |
| Déficit reportable | Sur les bénéfices futurs (report en avant) | Imputable sur le revenu global du foyer |
| Intéressant si… | CA élevé, envie d'optimiser, trésorerie à constituer | Démarrage, revenus faibles, déficits à imputer |
En pratique, l'IS est quasi systématiquement plus avantageux dès que votre bénéfice dépasse 30 000 – 40 000 €, grâce à la combinaison taux réduit IS + flat tax dividendes qui reste inférieure au taux marginal IR.
L'option IR pour les SASU et EURL : conditions et durée
Depuis 2019, les SASU et EURL peuvent opter pour l'IR pendant 5 exercices maximum (option dite "société de personnes"). Pour en bénéficier, la société doit avoir moins de 5 ans, moins de 50 salariés, et un CA ou bilan inférieur à 10 M€. L'option est soumise à l'accord de tous les associés.
Cette option peut être intéressante en phase de lancement si vous anticipez des déficits importants (investissements, frais de démarrage) que vous souhaitez imputer directement sur vos revenus personnels.
Acomptes IS : le calendrier à connaître
Si votre IS de l'année précédente dépasse 3 000 €, vous devez verser 4 acomptes trimestriels en cours d'exercice : le 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre (pour un exercice calendaire). Chaque acompte représente 25 % de l'IS de référence.
Le solde (différence entre IS réel et acomptes versés) est payé dans les 3 mois et 15 jours suivant la clôture. En cas de premier exercice ou d'IS inférieur à 3 000 €, pas d'acomptes : vous payez en une seule fois à la clôture.
Conseil pratique : provisionnez chaque mois l'IS estimé sur votre compte de trésorerie. Une règle simple : mettez de côté 15 % du bénéfice mensuel estimé. Cela évite les mauvaises surprises en fin d'exercice.
Comment optimiser l'IS de sa SASU ou EURL ?
L'optimisation de l'IS passe principalement par deux leviers :
1. Ajuster votre rémunération. Plus vous vous versez un salaire (SASU) ou une rémunération TNS (EURL), moins il y a de bénéfice taxable à l'IS. Mais attention : un salaire élevé génère des charges sociales importantes. Il faut trouver le bon équilibre — c'est précisément ce que calcule le simulateur de DansTaPoche.
2. Maximiser les charges déductibles légitimes. Matériel, abonnements, déplacements professionnels, mutuelle… Toute charge réelle, documentée et professionnelle réduit votre bénéfice imposable. L'objectif n'est pas de "passer tout en frais" mais de ne pas oublier ce à quoi vous avez droit.
Pour affiner la stratégie, notamment l'arbitrage salaire/dividendes qui maximise votre revenu net, consultez notre article dédié :
Salaire ou dividendes en SASU : quelle répartition en 2026 ? →
Ce qu'il faut retenir
- L'IS s'applique sur le bénéfice net de la société après toutes les charges (y compris votre rémunération)
- Taux 2026 : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà
- Le taux réduit 15 % est accessible à la quasi-totalité des SASU/EURL de freelances
- L'IS est presque toujours plus avantageux que l'IR dès que le bénéfice dépasse 30–40 K€/an
- L'optimisation salaire/dividendes permet de minimiser la charge fiscale globale (IS + cotisations + IR personnel)
- Provisionnez l'IS mensuellement pour éviter les mauvaises surprises à la clôture
Le simulateur DansTaPoche intègre l'IS dans tous ses calculs pour SASU et EURL. Il optimise automatiquement la répartition salaire/dividendes pour maximiser ce que vous mettez réellement en poche.
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