Vous êtes radiologue, vous envisagez de quitter votre poste de praticien hospitalier pour rejoindre un cabinet de groupe libéral, ou vous voulez optimiser une structure existante face à un renouvellement d'IRM de 700 k€ ? La radiologie est probablement la spécialité médicale où les choix juridiques et fiscaux ont le plus d'impact : entre l'amortissement du plateau technique, le forfait technique remboursé par la CPAM, la mutualisation en SELAS pluripersonnelle ou en GIE, et la téléradiologie facturable à l'étranger, le bon montage peut représenter 25-40 k€ de net annuel supplémentaire.
Ce guide fait le point sur les règles 2026 pour les ~6 000 radiologues libéraux français : régime BNC pour l'exercice individuel mais SELARL/SELAS quasi-systématique en cabinet de groupe, cotisations CARMF détaillées, mécanique du forfait technique (FT), amortissement IRM/scanner, TVA téléradiologie intracommunautaire, choix entre SCM (mutualisation des charges) et SELAS (mutualisation des recettes) et leviers d'optimisation.
Profil du radiologue libéral en 2026
Selon les chiffres CNOM 2025, on compte environ 6 000 radiologues en exercice libéral exclusif en France (sur ~9 200 radiologues libéraux ou mixtes au total). La démographie est très tendue (départs en retraite massifs, numerus clausus historiquement bas, délais d'attente IRM 30-90 jours selon les régions), ce qui maintient des recettes élevées et une forte intégration en cabinet de groupe.
- Radiologue isolé (rare) — recettes 180-280 k€/an, exercice limité à l'échographie et la radiologie conventionnelle (l'IRM/scanner n'est plus rentable en isolé).
- Cabinet de groupe (3-8 associés) — recettes par associé 250-450 k€/an, plateau technique complet (IRM + scanner + échographie + mammographie + radio conventionnelle), structure juridique SELAS ou SELARL pluripersonnelle.
- Téléradiologue à distance — facturation forfait/acte aux établissements ou cabinets clients, recettes 150-300 k€/an, SASU IS classique souvent possible (activité de services et non de soins directs, à confirmer au cas par cas).
Côté secteur conventionnel, la répartition est plus équilibrée que pour d'autres spécialités : ~55 % en secteur 1 (tarifs opposables), ~40 % en secteur 2 (honoraires libres, OPTAM majoritaire) et un solde marginal en secteur 3 ou activité mixte hôpital + libéral.
BNC, SELARL, SELAS : quel statut pour quel mode d'exercice ?
Comme pour les autres médecins, l'activité de radiologie relève fiscalement des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) et la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 interdit l'exercice via une SASU ou EURL classique : seule la Société d'Exercice Libéral (SEL) est autorisée. En pratique :
- EI BNC réel (déclaration contrôlée 2035) — adapté aux radiologues isolés à activité légère (échographie surtout). Très rare au-delà de 200 k€ de recettes en raison du poids des amortissements lourds.
- SELARL — SEL de forme SARL, gérant TNS (CARMF), IS, règle des 10 % du capital pour les dividendes. Forme historique des cabinets de groupe radiologiques.
- SELAS / SELAS pluripersonnelle — SEL de forme SAS, président assimilé salarié, IS, dividendes en flat tax PFU 31,4 % sans règle des 10 %. C'est la forme moderne dominante dans les nouveaux cabinets (souplesse de gouvernance, possibilité d'avoir des associés non-radiologues dans les groupes mixtes radiologie/clinique).
- SCM (Société Civile de Moyens) — structure annexe qui ne mutualise que les charges (loyer, secrétariat, parfois équipement) ; chaque radiologue garde son BNC ou sa SEL individuelle. Encore très utilisée dans les cabinets plus anciens.
- GIE (Groupement d'Intérêt Économique) — porteur du plateau technique lourd (IRM, scanner) ; les radiologues membres y refacturent leur quote-part. Permet d'impliquer des partenaires extérieurs (cliniques, holdings) dans le financement.
En 2026, environ 85 % des radiologues libéraux exercent en cabinet de groupe sous forme SELARL ou SELAS, le plus souvent adossé à une SCM pour les locaux et à un GIE pour le plateau technique lourd. Le micro-BNC est anecdotique (~0,5 % des effectifs) car incompatible avec un investissement lourd amortissable.
Cotisations CARMF 2026 du radiologue libéral
La CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) couvre la retraite et la prévoyance de tous les médecins libéraux. Les taux 2026 sont identiques entre généralistes et spécialistes — la différence se fait sur l'assiette, et les radiologues figurent parmi les plus gros contributeurs CARMF en valeur absolue compte tenu de leurs revenus médians.
1. Retraite de base (RB)
Taux 8,23 % jusqu'à 1 PASS (~47 100 € en 2026), puis 1,87 % entre 1 et 5 PASS. Pour un radiologue à 220 k€ de revenu BNC, la cotisation RB se situe autour de 7 100 €/an.
2. Retraite complémentaire (RC) — classes A à G
Cotisation forfaitaire selon une classe choisie en début de carrière. La majorité des radiologues optent pour les classes E à G (~6 500-9 200 €/an en 2026) afin de viser un revenu de remplacement retraite proche de 50-55 % du revenu d'activité — ces classes ouvrent les pensions les plus élevées (RC G ~30-35 k€/an de pension complémentaire après 30 ans).
3. ASV (Avantage Social Vieillesse)
Spécifique aux médecins conventionnés secteur 1 ou secteur 2 OPTAM. Composée d'une part forfaitaire (~5 400 €/an, dont 2/3 pris en charge par la CNAM en secteur 1) et d'une part proportionnelle aux revenus conventionnés. En secteur 2 hors OPTAM, le radiologue paie l'intégralité (~5 400-6 200 €/an).
4. Invalidité-décès
Cotisation forfaitaire d'environ 780 €/an en 2026. Couvre une rente invalidité modeste et un capital décès — la plupart des radiologues complètent par une prévoyance Madelin individuelle (un radiologue en arrêt prolongé ne peut plus interpréter ses examens, ce qui interrompt immédiatement le forfait technique).
À retenir : pour un radiologue secteur 1 à 220 k€ de revenu BNC, le total CARMF (RB + RC classe F + ASV + ID) avoisine 19 000-22 000 €/an. Hors CARMF, ajoutez l'URSSAF maladie (Régime PAMC, ~0,1 % en secteur 1, ~9,75 % en secteur 2 hors OPTAM sur les revenus conventionnés) + CSG/CRDS 9,7 % + allocations familiales 0-3,1 % selon revenus.
Le forfait technique (FT) : la mécanique-clé de la radiologie
Le forfait technique est ce qui rend la radiologie économiquement viable malgré le coût de l'équipement lourd. Pour chaque acte d'imagerie réalisé sur IRM, scanner ou mammographe agréé, deux montants sont facturés :
- L'acte intellectuel (honoraires du médecin) — rémunère l'interprétation médicale, revient au radiologue (ou au cabinet) et constitue son BNC.
- Le forfait technique (FT) — rémunère l'amortissement de la machine, sa maintenance, le personnel technique (manipulateurs, secrétariat médical) et la salle d'examen. Il est remboursé par la CPAM selon une grille négociée conventionnellement, et payé directement à la structure propriétaire de la machine (SELAS, GIE ou SCM).
En 2026, à titre indicatif, le FT IRM oscille entre 130 et 220 €/acte selon le type de machine (1,5 T vs 3 T), sa date de première mise en service et l'Agence Régionale de Santé (ARS). Le FT scanner se situe entre 50 et 110 €/acte. Avec un IRM réalisant 20-25 examens/jour, le FT brut peut atteindre 800 000 à 1 200 000 €/an par machine — montant destiné à couvrir l'amortissement de la machine, sa maintenance (~80-150 k€/an pour un IRM), le personnel technique et le loyer.
Point fiscal important : le FT est facturé hors TVA car indissociable de l'acte médical exonéré (art. 261-4-1° CGI). Le radiologue qui détient un IRM ne peut donc pas récupérer la TVA sur l'achat de la machine — c'est l'un des grands sujets d'arbitrage du secteur, notamment lors des renouvellements d'équipement (un IRM 3 T à 850 k€ HT représente 170 k€ de TVA non récupérable).
Amortissement IRM, scanner et autres équipements lourds
L'équipement représente l'essentiel des charges déductibles d'un radiologue libéral. Les durées d'amortissement habituelles, conformes aux usages professionnels et acceptées par l'administration fiscale :
- IRM 1,5 Tesla — 500 000 à 800 000 € HT, amortissement 8-10 ans (linéaire) ou dégressif coefficient 2,25.
- IRM 3 Tesla — 800 000 à 1 100 000 € HT, amortissement 8-10 ans.
- Scanner multi-coupes (64 à 256 barrettes) — 300 000 à 700 000 € HT, amortissement 7-8 ans.
- Mammographe numérique avec tomosynthèse — 180 000 à 280 000 € HT, amortissement 7-8 ans.
- Échographe haut de gamme (cardio, vasculaire, interventionnel) — 60 000 à 150 000 € HT, amortissement 5-7 ans.
- Salle de radio conventionnelle numérique — 200 000 à 400 000 € HT, amortissement 8-10 ans.
- Système PACS / RIS (archivage et workflow images) — 80 000 à 250 000 € HT pour le cabinet, amortissement 5-7 ans.
- Contrats de maintenance — 8-15 % du prix d'achat par an, déductibles à 100 % en frais courants.
Choix linéaire ou dégressif : pour un IRM neuf à 850 k€, l'amortissement dégressif (coefficient 2,25 sur 9 ans) produit ~189 k€ de déduction la première année contre ~94 k€ en linéaire — un avantage de trésorerie majeur dans les 3-4 premières années, particulièrement intéressant si la SELAS est en démarrage et rembourse un crédit bancaire.
Cabinet de groupe : SCM, SELAS, GIE — quelle combinaison ?
En radiologie, le bon montage repose presque toujours sur une combinaison de structures. Les trois schémas classiques :
Schéma 1 — SELAS unique pluripersonnelle (le plus simple)
Tous les radiologues sont associés d'une seule SELAS qui détient à la fois la clientèle, le plateau technique et facture les actes + FT. Avantages : simplicité comptable, fluidité des entrées/sorties d'associés, distribution équitable des dividendes. Inconvénient : difficile de faire entrer des partenaires non-radiologues (cliniques, financiers) au capital.
Schéma 2 — SCM (charges) + SELARL/SELASU individuelle (recettes)
Chaque radiologue exerce dans sa propre SELARL ou SELASU et adhère à une SCM commune qui mutualise loyer, secrétariat, manipulateurs et parfois équipement léger. Avantages : chacun reste maître de sa fiscalité personnelle, peut moduler sa rémunération et ses dividendes. Inconvénient : duplication des frais de tenue comptable, complexité accrue au-delà de 4-5 associés.
Schéma 3 — GIE technique + SELAS clinique (le plus avancé)
Le GIE détient et exploite l'équipement lourd (IRM, scanner), perçoit le forfait technique, gère la maintenance et le personnel manipulateur. La SELAS regroupe les radiologues qui interprètent les examens et perçoivent les actes intellectuels. Avantages : possibilité d'associer des cliniques ou des holdings au GIE pour cofinancer un IRM 3 T, séparation comptable claire entre l'outil et le service médical, montage scalable. Inconvénient : gouvernance complexe, audit annuel fortement recommandé.
Le choix dépend du nombre d'associés, du parc d'équipement et du besoin de financement externe. Au-delà de 5 associés et de 2 machines lourdes, le schéma 3 (GIE + SELAS) devient en général gagnant.
Téléradiologie et TVA intracommunautaire
Avec la démographie tendue, la téléradiologie (interprétation à distance d'examens réalisés ailleurs) est en forte croissance. Trois cas fiscaux à distinguer :
- Téléradiologie pour un établissement français — la prestation reste une activité médicale exonérée de TVA (art. 261-4-1° CGI), peu importe que vous interprétiez sur place ou à distance.
- Téléradiologie pour un cabinet ou hôpital de l'UE — prestation de services B2B intracommunautaire ; en principe exonérée de TVA si elle conserve son caractère médical (mais l'administration analyse au cas par cas — il est prudent de demander un rescrit). Vous devez vous immatriculer en TVA pour obtenir un numéro intracommunautaire et déposer une DES (Déclaration Européenne de Services), même si la prestation est exonérée.
- Téléradiologie pour un client hors UE — hors champ territorial de la TVA française ; à mentionner sur la facture (« opération hors champ TVA »). Si l'activité de télé-interprétation devient significative et n'est plus directement liée au soin d'un patient identifiable, le risque de requalification en prestation de services taxable existe — d'où l'intérêt du rescrit.
En pratique, beaucoup de cabinets logent leur activité de téléradiologie dans une structure dédiée (souvent une SAS classique de services, hors loi 90-1258 si elle ne fait que de l'interprétation à distance via salariés médecins), ce qui permet de gérer plus simplement la TVA, l'international et les contrats commerciaux.
Frais déductibles spécifiques au radiologue
- Amortissements équipement — IRM, scanner, mammographe, échographe, salle conventionnelle (voir section précédente).
- Contrats de maintenance constructeur — 8-15 % du prix d'achat/an (Siemens, GE, Philips, Canon Medical), déductibles intégralement.
- Personnel technique — manipulateurs en électroradiologie (~35-45 k€ brut chargé/an chacun), secrétariat médical (~28-32 k€ brut chargé/an).
- Système PACS / RIS et abonnements logiciels d'interprétation (Carestream, Sectra, Visage, IA radiologique type Aidoc/Avicenna).
- Produits de contraste (iode pour scanner, gadolinium pour IRM) — stock 30 000 à 80 000 €/an pour un cabinet de groupe.
- RC Pro radiologie — 2 500 à 6 000 €/an (couverture spécifique imagerie interventionnelle si l'activité inclut des biopsies ou des infiltrations).
- Cotisation CNOM et syndicale (FNMR — Fédération Nationale des Médecins Radiologues) — ~600-1 200 €/an.
- FMC / DPC — congrès JFR, ECR, RSNA Chicago (3 000 à 8 000 €/an), formation IA et nouveaux protocoles d'imagerie.
- Habillement et radioprotection — tabliers plombés, dosimétrie passive obligatoire IRSN.
- Prévoyance Madelin — déductible BNC réel uniquement (plafond ~3,75 % du PASS + 7 % de la fraction de revenu entre 1 et 8 PASS).
Cas chiffré : 250 k€ de recettes BNC vs SELAS
Hypothèses : radiologue associé d'un cabinet de groupe (4 associés), quote-part personnelle 250 k€ de recettes (actes intellectuels), 110 k€ de charges déductibles individuelles (loyer SCM, secrétariat, FMC, amortissement écho personnel, prévoyance, cotisations), bénéfice avant rémunération 140 k€. Radiologue secteur 1, célibataire sans enfant, TMI 41 %.
- EI BNC réel — cotisations sociales totales (CARMF + URSSAF maladie secteur 1 + CSG/CRDS + allocations familiales) ~46 k€, revenu net imposable ~94 k€, IR ~25 k€. Net en poche : ~69 k€/an.
- SELAS IS (président assimilé salarié) — rémunération de gérance brute 80 k€ (cotisations sociales ~34 k€), bénéfice IS ~26 k€ taxé 15 % = 3,9 k€, dividendes nets de PFU 31,4 % sur 22,1 k€ = ~15,2 k€ nets. Rémunération nette après IR ~38 k€ + dividendes nets 15,2 k€ = Net en poche : ~53,2 k€/an + ~38 k€ rémunération = ~91 k€/an, soit +22 k€ vs BNC mais avec un changement de régime retraite (le président SELAS bascule au régime général + AGIRC-ARRCO et abandonne la CARMF).
Verdict : la SELAS devient nettement gagnante au-delà de 200 k€ de quote-part de recettes pour un radiologue, surtout si le cabinet de groupe envisage de financer un renouvellement IRM par emprunt (le lissage IS à 15 % puis 25 % est plus efficace que le barème IR jusqu'à 45 % en BNC). Le différentiel réel après ajustement retraite (perte de ~15-20 k€/an de droits CARMF) reste de l'ordre de +8-14 k€/an, ce qui justifie le passage en SELAS pour la grande majorité des cabinets de groupe modernes.
Stratégie ARE + SELAS sans salaire pour un PH radiologue
Vous êtes praticien hospitalier en service de radiologie et vous voulez rejoindre un cabinet libéral ? La rupture conventionnelle (puis ARE) combinée à une SELASU sans rémunération est une stratégie classique pour financer votre apport au plateau technique du cabinet rejoint :
- Négocier une rupture conventionnelle avec l'établissement (indemnité exonérée d'impôt et de cotisations dans la limite de 2 PASS = ~94 k€).
- Ouvrir vos droits ARE (~57 % du salaire brut, plafonné à ~80 k€/an pour un PH en fin de carrière).
- Créer votre SELASU individuelle (vous serez membre associé du cabinet de groupe via votre SELASU), avec une rémunération de gérance à 0 € pendant la phase ARE (24 à 36 mois selon votre âge).
- La SELASU encaisse vos actes intellectuels (et éventuellement votre quote-part de FT si la structure le permet), paie l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %, constitue une réserve de trésorerie qui finance votre apport au cabinet ou au GIE.
- Vous distribuez des dividendes en flat tax PFU 31,4 % une fois vos droits ARE épuisés.
Sur 30 mois, un PH radiologue 50 ans à 95 k€ brut/an peut ainsi cumuler ~135 k€ d'ARE + ~80 k€ d'indemnité de rupture + une trésorerie IS dans sa SELASU de l'ordre de 150-200 k€ — soit souvent l'équivalent d'un apport au capital ou au GIE pour racheter une quote-part d'IRM 3 T.
6 pièges à éviter pour le radiologue libéral
1. Choisir un capital SELARL trop faible
Avec la règle des 10 % du capital de la SELARL, un capital à 10 000 € limite la distribution sans cotisations CARMF à 1 000 €/an — totalement insuffisant pour un cabinet à 600 k€ de bénéfice après IS. Capitalisez à 100-300 k€ en utilisant les amortissements de l'équipement comme apport, ou basculez en SELAS (président assimilé salarié) où la règle des 10 % ne s'applique pas.
2. Sous-dimensionner la maintenance dans le business plan
Un IRM 3 T à 850 k€ engendre 100-130 k€/an de maintenance constructeur (Siemens, GE, Philips) sur 9 ans, soit plus que son prix d'achat sur la durée de vie utile. Les jeunes cabinets l'oublient lors du business plan et se retrouvent avec une trésorerie sous tension dès la 4e année.
3. Oublier la TVA téléradiologie intracommunautaire
Si vous interprétez des examens pour un hôpital allemand, suisse ou belge, vous devez vous immatriculer en TVA (même si la prestation reste exonérée au fond) et déposer une DES mensuelle. L'oubli est sanctionné d'une amende de 750 € par DES manquante (CGI art. 1788 A).
4. Mal arbitrer linéaire vs dégressif sur l'IRM
Le dégressif (coefficient 2,25 sur 9 ans) maximise les déductions des 4 premières années — utile si vous voulez lisser un crédit bancaire in fine sur la même période. À l'inverse, le linéaire est plus prévisible si vous savez que votre cabinet va monter en charge progressivement et que les premières années auront un bénéfice modeste. Arbitrer machine par machine au moment de l'achat, pas en bloc.
5. Confondre GIE technique et SCM
La SCM ne refacture que des charges à prix coûtant et ne peut pas dégager de marge. Le GIE peut, lui, facturer un forfait technique aux radiologues membres avec une marge couvrant l'amortissement et la rémunération du capital investi par les partenaires extérieurs. Pour un IRM cofinancé par une clinique, c'est obligatoirement un GIE — sinon le montage tombe.
6. Négliger la fiscalité de la cession de parts
Une part de SELAS dans un cabinet de groupe radiologique vaut souvent 300-700 k€ après plusieurs années (clientèle + quote-part équipement + écrêtement). À la cession, la plus-value peut bénéficier des régimes d'exonération art. 151 septies CGI (CA < 90/126/250/350 k€ selon activité — limité pour les radiologues), art. 238 quindecies CGI (cession complète d'une branche, jusqu'à 500 k€ exonérés et partiellement jusqu'à 1 M€), ou art. 150-0 D ter (départ à la retraite, abattement fixe 500 k€ + abattements proportionnels). Anticipez la sortie 5-10 ans à l'avance pour ne pas perdre ces dispositifs (clauses d'exclusivité, calendrier de retraite, structure d'apport cession 150-0 B ter).
FAQ radiologue libéral 2026
Puis-je récupérer la TVA sur l'achat d'un IRM ?
Non, sauf si la machine est utilisée pour une activité taxable (par exemple, prestations à visée non médicale ou téléradiologie facturée à des prestataires hors champ médical). Pour un IRM dédié aux actes médicaux exonérés, la TVA d'achat (170 k€ sur un IRM 3 T à 850 k€ HT) n'est pas récupérable. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'équipement radiologique est si lourdement subventionné par le forfait technique conventionnel.
Quelle structure pour cofinancer un IRM avec une clinique privée ?
Le GIE est la forme classique : il porte la machine, perçoit le forfait technique, et redistribue les résultats à ses membres (le cabinet de radiologie via sa SELAS + la clinique). On voit aussi des SAS « équipement » détenues conjointement par la SELAS de radiologie et la holding de la clinique, qui louent la machine au cabinet — montage plus rare mais possible.
Téléradiologie à plein temps : faut-il rester en SELASU ou créer une SAS ?
La téléradiologie reste une activité médicale (loi 90-1258 et art. 261-4-1° CGI s'appliquent), donc SELASU recommandée pour conserver l'exonération de TVA et la qualification médicale. Une SAS classique est possible uniquement si l'activité bascule en prestation de services médico-techniques pure (interprétation automatisée IA, support second avis non clinique direct), ce qui suppose de basculer en TVA 20 % et de redéfinir le contrat avec les clients. À arbitrer avec un avocat fiscaliste.
Peut-on louer l'IRM à un cabinet de groupe via une SCI familiale ?
Non, une SCI a pour objet la détention immobilière, pas l'équipement médical. Vous pouvez en revanche détenir les murs du cabinet (local technique IRM, salles d'examen) via une SCI familiale et louer ces murs à votre SELAS ou GIE. Pour l'IRM lui-même, le bon véhicule est une SAS ou un GIE détenu par la famille ou des partenaires.
Mon cabinet équipé : SELAS unique ou SELARL + GIE ?
Pour un cabinet de 3-5 radiologues sans partenaire externe, la SELAS unique pluripersonnelle est plus simple et fiscalement équivalente. Pour 5-10 radiologues, ou si une clinique cofinance le plateau technique, le couple SELAS médecins + GIE équipement est nettement plus solide juridiquement et plus souple en gouvernance.
Pour simuler précisément votre net mensuel selon votre quote-part de recettes, votre secteur conventionnel et votre montage de cabinet, utilisez notre simulateur comparatif de statuts qui intègre les cotisations CARMF et l'IS PME 2026.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les montants de cotisations CARMF, de forfait technique et d'amortissement indiqués sont des estimations 2026 — vérifiez les taux définitifs sur carmf.fr et la convention médicale en vigueur. Les arbitrages SELARL / SELAS / SCM / GIE doivent être tranchés au cas par cas avec un expert-comptable spécialisé en professions médicales libérales et un avocat fiscaliste.