Salarié vs freelance 2026 : combien gagnez-vous vraiment en net ?

Comparatif chiffré salarié vs freelance 2026 : pour le même budget client, quel net mensuel réel en micro-entreprise, EURL IS ou SASU IS ? Tableau à 40k/60k/80k/100k€ de CA et analyse des facteurs invisibles (congés, retraite, mutuelle, chômage).

Calculez votre net en pocheComparez SASU, EURL, micro-entreprise et plus — gratuit et instantané
Lancer le simulateur →

“Est-ce que je gagnerai plus en passant freelance ?” C'est la première question que se pose tout salarié qui envisage de sauter le pas. La réponse est souvent “oui” — mais pas pour les raisons qu'on croit, et pas dans tous les cas.

Dans cet article, on fait une comparaison honnête et chiffrée : pour le même budget dépensé par le client (employeur ou donneur d'ordres), combien reste-t-il réellement dans la poche d'un salarié versus un freelance en micro-entreprise, EURL IS ou SASU IS ? Et on ne s'arrête pas aux cotisations — on intègre aussi les “facteurs invisibles” que personne ne chiffre : congés payés, retraite, mutuelle, chômage.

La bonne façon de comparer : raisonner sur le coût total pour le client

La plupart des comparatifs font une erreur classique : ils comparent le salaire brut d'un salarié au CA d'un freelance. Ce n'est pas la bonne base.

La vraie unité de mesure, c'est ce que dépense le client en total :

  • Pour un salarié, le client (l'employeur) paie le coût total employeur = salaire brut + cotisations patronales. En 2026, les charges patronales représentent en moyenne 40 à 45 % du brut selon le secteur, soit un coût employeur d'environ 1,42× le salaire brut.
  • Pour un freelance, le client paie ses honoraires HT, qui constituent intégralement le chiffre d'affaires (CA) du freelance. Aucune charge patronale supplémentaire — c'est le freelance qui paie ses propres cotisations depuis son CA.

Donc si un client a un budget de 70 000 €, il peut soit embaucher un salarié à ~49 000 € brut (70 000 / 1,42), soit confier la même mission à un freelance facturant 70 000 € HT/an. C'est ce scénario qu'on compare dans cet article.

Le cheminement du net salarié : de l'employeur à votre compte

Prenons un exemple concret : un ingénieur senior dans une ESN avec un coût employeur de 70 000 €/an.

ÉtapeMontant
Coût total employeur70 000 €
Charges patronales (~30 %)− 15 300 €
Salaire brut~49 000 €
Cotisations salariales (~22 %)− 10 780 €
Net avant impôt~38 220 €
Impôt sur le revenu (TMI 11–30 %)− 4 500 € à − 6 500 €
Net après IR~31 700 € à ~33 720 €/an
Net mensuel~2 640 € à ~2 810 €/mois

Sur 70 000 € dépensés par l'employeur, le salarié en conserve environ 45 à 48 % dans sa poche. C'est le taux de conversion “coût employeur → net” pour un profil standard.

Le cheminement du net freelance : du CA au compte en banque

Le freelance perçoit les 70 000 € directement comme CA. Mais il paie ensuite ses propres charges. Voici ce que ça donne selon le statut :

Micro-entreprise (services BNC — taux 22,2 %)

ÉtapeMontant
CA annuel70 000 €
Cotisations URSSAF (22,2 %)− 15 540 €
Base imposable IR (abattement 34 %)46 200 €
Impôt sur le revenu (~5 500 €)− 5 500 €
Net dans la poche~48 960 €/an
Net mensuel~4 080 €/mois

Avec la micro, le taux de conversion CA → net atteint ~70 % à ce niveau de revenus — bien supérieur au salarié. Attention cependant : le plafond de la micro-entreprise est fixé à 83 600 €/an pour les prestations de services en 2026. Au-delà, il faut changer de statut.

EURL à l'IS (gérant majoritaire)

À 70 000 € de CA, l'EURL IS commence à devenir compétitive si on optimise le mix salaire / dividendes :

ÉtapeMontant
CA annuel70 000 €
Salaire gérant (optimisé)~30 000 €
Cotisations TNS sur salaire (~45 %)− 13 500 €
Frais pro déductibles (estimés)− 3 000 €
Bénéfice imposable IS~23 500 €
IS (taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 €)− 3 525 €
Dividendes nets disponibles~19 975 €
Flat tax PFU sur dividendes (31,4 %)− 6 272 €
Net salaire après IR + Net dividendes après PFU~27 500 € + ~13 703 €
Net total dans la poche~41 200 €/an
Net mensuel~3 430 €/mois

SASU à l'IS (président assimilé salarié)

La SASU bénéficie d'un régime de cotisations sociales différent (assimilé salarié). Les cotisations sont plus élevées sur le salaire, mais les dividendes ne supportent que la flat tax (31,4 %), sans cotisations SSI.

ÉtapeMontant
CA annuel70 000 €
Salaire président (optimisé bas)~20 000 €
Cotisations assimilé salarié (~65 % chargé)− 13 000 €
Frais pro déductibles− 3 000 €
Bénéfice IS~34 000 €
IS (15 %)− 5 100 €
Dividendes bruts~28 900 €
PFU dividendes (31,4 %)− 9 075 €
Net total dans la poche~43 825 €/an
Net mensuel~3 650 €/mois

Ces estimations sont basées sur une optimisation du mix salaire/dividendes. Utilisez le simulateur DansTaPoche pour calculer votre situation exacte.

Tableau comparatif : salarié vs freelance à plusieurs niveaux de CA

Pour chaque niveau de “budget client” (= coût employeur = CA freelance), voici le net mensuel estimé après toutes charges et impôts :

Budget client / CASalarié équivalentMicro-entrepriseEURL ISSASU IS
40 000 €/an~1 700 €/mois~2 300 €/mois~1 750 €/mois~1 850 €/mois
60 000 €/an~2 400 €/mois~3 500 €/mois~2 900 €/mois~3 100 €/mois
70 000 €/an~2 700 €/mois~4 080 €/mois~3 430 €/mois~3 650 €/mois
80 000 €/an~3 050 €/mois~3 950 €/mois ⚠️~3 900 €/mois~4 200 €/mois
100 000 €/an~3 700 €/mois— (plafond)~4 700 €/mois~5 100 €/mois

⚠️ La micro-entreprise atteint son plafond à 83 600 € de CA en 2026. Au-delà, elle n'est plus accessible.

Lecture du tableau : À 60 000 € de budget client, un salarié touche ~2 400 €/mois. Un freelance en micro-entreprise touche ~3 500 €/mois, soit +46 % de plus. En SASU IS optimisée, c'est +29 %.

Quand le freelance devient-il vraiment rentable ?

L'avantage freelance n'est pas uniforme selon le statut et le niveau de CA :

  • Micro-entreprise : avantageuse dès le premier euro, mais plafonnée à 83 600 €. Idéale pour démarrer ou pour des revenus complémentaires modérés.
  • EURL IS : devient intéressante au-delà de 50 000 € de CA. En dessous, les charges fixes (expert-comptable, liasse fiscale, CFE) érodent l'avantage.
  • SASU IS : tire son épingle du jeu au-delà de 60 000 € de CA grâce à l'optimisation dividendes sans cotisations SSI. C'est le statut le plus avantageux à haut CA.

En dessous de 40 000 € de CA annuel, l'avantage financier du freelance devient ténu — surtout si on intègre les “facteurs invisibles” que nous allons aborder maintenant.

Les facteurs invisibles : ce que le tableau ne montre pas

Le net mensuel brut ne dit pas tout. Le salarié bénéficie d'avantages que le freelance doit financer lui-même ou accepter de perdre.

1. Les congés payés

Un salarié a droit à 5 semaines de congés payés par an — soit ~44 jours ouvrés. Ces jours sont rémunérés par l'employeur.

Un freelance qui prend 5 semaines de congés ne facture pas pendant ces 5 semaines. Sur un TJM de 400 €/j et 44 jours, cela représente 17 600 € de CA non encaissé. À intégrer dans le calcul de son TJM réel, en ne comptant que ~200 jours facturables par an (sur 220 jours ouvrés) pour rester prudent.

2. L'assurance chômage (ARE)

Le salarié cotise à l'assurance chômage et peut percevoir l'allocation de retour à l'emploi (ARE) en cas de licenciement ou de rupture conventionnelle. En 2026, les droits durent jusqu'à 18 mois (24 mois pour les 53 ans et plus).

Le freelance n'y a pas accès, sauf s'il a quitté un CDI par rupture conventionnelle et cumule son ARE avec sa rémunération de dirigeant. La GSC (Garantie Sociale du Chef d'entreprise) est la seule assurance chômage privée disponible pour les TNS, mais elle coûte entre 0,5 et 2 % du revenu assuré.

3. La retraite

C'est le point le plus défavorable pour les indépendants. Les TNS (gérant EURL, auto-entrepreneur) cotisent au régime SSI, dont le taux de remplacement est significativement inférieur à l' AGIRC-ARRCO du salarié pour un même revenu brut.

Le président de SASU cotise à l'AGIRC-ARRCO (assimilé salarié), ce qui lui donne une protection retraite comparable à un salarié — mais les cotisations sociales plus élevées en contrepartie.

Pour compenser le déficit de retraite SSI, les indépendants en EURL/micro peuvent utiliser le Plan d'Épargne Retraite (PER), dont les versements sont déductibles jusqu'à 10 % des revenus professionnels.

4. La mutuelle

L'employeur prend en charge au moins 50 % de la cotisation mutuelle collective du salarié. Pour un salarié, cela représente en moyenne 600 à 1 200 € par an financés par l'entreprise.

Le freelance paie sa mutuelle à 100 % — mais peut déduire tout ou partie des cotisations selon son statut grâce aux contrats Madelin (TNS) ou via la déductibilité des charges (SASU).

5. L'inter-contrat

Un salarié est rémunéré même quand il n'est pas en mission (inter-contrat, formation interne, maladie). Un freelance ne facture que quand il travaille. Il faut prévoir des mois creux, notamment au démarrage ou lors d'un changement de mission.

Le bilan : quand vaut-il mieux être freelance ?

En intégrant ces facteurs invisibles, voici une règle empirique fiable :

  • En dessous de 45 000 € de CA : l'avantage net du freelance est marginal une fois les congés, la retraite et la mutuelle pris en compte. Le statut de salarié reste souvent plus confortable.
  • Entre 45 000 et 80 000 € de CA : le freelance en micro ou SASU IS prend clairement l'avantage financier, à condition de provisionner pour les congés et la retraite.
  • Au-delà de 80 000 € : la SASU IS ou l'EURL IS deviennent nettement plus avantageuses. L'écart avec un salarié équivalent peut dépasser +30 à +50 % de net mensuel.

Le passage au freelance est financièrement rentable pour la grande majorité des profils qualifiés — à condition de bien choisir son statut et d'optimiser son TJM pour couvrir les charges invisibles.

Comment calculer votre gain exact selon votre situation

Les chiffres ci-dessus sont des estimations basées sur des scénarios types. Votre situation réelle dépend de votre TMI, de votre situation familiale (parts fiscales), des charges déductibles, de votre option ACRE et d'une dizaine d'autres paramètres.

Le simulateur DansTaPoche vous permet de calculer votre net exact pour chaque statut, en intégrant tous ces paramètres en temps réel. Saisissez votre CA annuel cible et comparez les statuts en quelques secondes.

À retenir

  • La bonne comparaison est coût total employeur = CA freelance, pas salaire brut vs CA.
  • À budget équivalent, un freelance peut toucher +30 à +50 % de net mensuel par rapport à un salarié — mais seulement au-delà de ~50 000 € de CA.
  • La micro-entreprise est la plus avantageuse jusqu'à 83 600 € de CA, puis la SASU IS prend le relais.
  • Les “facteurs invisibles” (congés, retraite, mutuelle, chômage) représentent en moyenne 8 000 à 15 000 € par an qu'un salarié reçoit sans s'en rendre compte.
  • Pour un net vraiment comparable à un CDI confortable, visez un CA freelance au moins 1,5 à 1,8× votre salaire brut actuel.

Prêt à simuler votre gain réel selon votre statut ? Utilisez le simulateur ci-dessous avec votre CA cible.

Articles associés

FiscalitéDividendes en SASU 2026 : fiscalité, flat tax et optimisationFiscalitéDividendes en EURL 2026 : fiscalité et cotisations SSI expliquéesStatut juridiqueEntrepreneur individuel (EI) 2026 : statut unique, IS/IR et cotisations TNS
← Tous les articles