Opticien-lunetier libéral 2026 : statut, cotisations CIPAV et optimisation fiscale

Guide complet opticien-lunetier libéral 2026 : BNC (micro ou réel 2035), cotisations CIPAV classes A-F, TVA 3 vitesses (exo / 5,5 % / 20 %), réforme 100 % Santé classe I et classe II, frais déductibles, ZRR et cas chiffré à 90 k€ de recettes.

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L'opticien-lunetier libéral évolue en 2026 dans un cadre réglementaire strict — soumis à la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 qui interdit la SASU classique — et sous l'influence de la réforme 100 % Santé qui a profondément restructuré les marges du secteur. Ce guide détaille les options fiscales disponibles, les cotisations réelles à anticiper (CIPAV, URSSAF) et les stratégies d'optimisation adaptées à votre niveau de recettes.

1. Quel statut juridique pour un opticien-lunetier libéral ?

L'opticien-lunetier qui exerce en libéral est une profession libérale réglementée au sens de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Cette loi limite les formes sociales disponibles et rend la SASU classique inaccessible pour exercer l'activité optique libérale. Tout acte de délivrance de verres correcteurs ou d'équipements optiques à titre libéral nécessite une structure conforme.

Les structures disponibles pour un opticien-lunetier libéral sont :

  • EI (micro-BNC ou réel 2035) — la voie la plus courante pour un opticien qui s'installe en libéral à titre individuel. Simple à créer, sans capital social minimum, avec une comptabilité allégée en micro-BNC.
  • EURL à l'IR — transparence fiscale identique à l'EI réel, avec une personnalité morale distincte. La complexité administrative supplémentaire est peu justifiée sous 80 000 € de recettes.
  • SELURL / SELASU — Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée Unipersonnelle (équivalent EURL) ou par Actions Simplifiée Unipersonnelle (équivalent SASU). Accessibles sous réserve d'agrément préalable. Soumises à l'IS avec la règle des 10 % du capital social sur les dividendes.
  • SCM (Société Civile de Moyens) — structure de mise en commun de locaux et de matériel entre plusieurs opticiens exerçant en cabinet partagé. Elle ne facture pas elle-même.

En pratique, la grande majorité des opticiens-lunetiers libéraux exercent en EI (micro ou réel). La SELURL/SELASU n'est pertinente qu'à partir de 100 000 € de recettes annuelles, pour capitaliser des bénéfices à l'IS dans une logique patrimoniale. Pour en savoir plus sur les SEL : notre guide complet sur les Sociétés d'Exercice Libéral.

2. Micro-BNC ou déclaration contrôlée 2035 ?

C'est la décision fiscale la plus structurante pour un opticien-lunetier libéral. Elle détermine votre base imposable, vos cotisations TNS et votre net annuel en poche.

Micro-BNC (abattement forfaitaire 34 %)

Le régime micro-BNC s'applique automatiquement si vos recettes n'excèdent pas 77 700 €/an. Votre base imposable est calculée après application d'un abattement forfaitaire de 34 % sur le chiffre d'affaires brut.

Ce régime est avantageux si vos frais réels sont inférieurs à 34 % du CA. Pour un opticien-lunetier à 75 000 € de recettes, cela correspond à moins de 25 500 € de charges réelles. Compte tenu du loyer de local commercial, des amortissements de matériel optique et du stock, ce seuil est souvent atteint ou dépassé — ce qui signifie que le réel 2035 est fréquemment plus avantageux pour les opticiens-lunetiers libéraux.

Déclaration contrôlée 2035 (frais réels)

La déclaration contrôlée 2035 vous permet de déduire vos charges réelles : amortissement du réfractomètre et de la lampe à fente, loyer de cabinet ou de local, indemnités kilométriques, cotisations CIPAV via Madelin, logiciels de gestion optique, RC Pro, formation continue…

Elle devient intéressante dès que vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes. Elle est obligatoire au-delà de 77 700 € de recettes. Pour un guide complet : notre guide du formulaire 2035 BNC.

3. Cotisations CIPAV et URSSAF 2026

L'opticien-lunetier libéral est affilié à l'URSSAF (régime SSI) pour les cotisations maladie-maternité et la retraite de base, et à la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse) pour la retraite complémentaire et la prévoyance invalidité-décès. Vérifiez votre affiliation exacte auprès de votre caisse régionale ou de votre association professionnelle (Syndicat des Opticiens / ROF).

Retraite de base (CNAV/SSI)

Comme tous les TNS, vous cotisez à la retraite de base via l'URSSAF. Le taux est de 17,75 % jusqu'au PASS (47 100 €/an en 2026), puis symbolique au-delà.

Retraite complémentaire CIPAV (classes A à F)

La cotisation de retraite complémentaire CIPAV est forfaitaire, attribuée selon la classe correspondant à vos revenus N-2. Les montants 2026 sont approximativement :

ClasseCotisation annuelle (approx.)Revenus N-2 indicatifs
A~1 377 €/anMoins de 26 580 €
B~2 197 €/an26 580 – 49 280 €
C~3 490 €/an49 280 – 57 590 €
D~5 278 €/an57 590 – 68 020 €
E~6 572 €/an68 020 – 80 640 €
F~8 262 €/anPlus de 80 640 €

⚠️ Ces cotisations sont calculées sur les revenus de N-2 : la première année d'installation, vous cotisez en classe A (forfait minimal), puis votre classe monte en fonction de vos revenus réels. Anticipez un choc de régularisation à la 2e ou 3e année et provisionnez entre 35 et 40 % de votre bénéfice dès le départ.

Cotisation invalidité-décès CIPAV

Elle couvre votre incapacité de travail permanente et le décès. Son montant 2026 est de l'ordre de 241 à 600 €/an selon la classe CIPAV, déductible dans votre déclaration 2035 via la déduction Madelin (art. 154 bis CGI).

Cotisations URSSAF maladie et allocations familiales

En tant que TNS, vous cotisez également à l'URSSAF pour la maladie-maternité (~7 % sur le bénéfice) et les allocations familiales (~3,1 % sur le bénéfice), ainsi que la CSG/CRDS (9,2 %). Ces cotisations sont calculées sur votre bénéfice BNC (en déclaration contrôlée 2035) ou sur votre CA après abattement (en micro-BNC).

4. TVA pour l'opticien-lunetier libéral : les 3 taux

La TVA est l'un des sujets les plus complexes pour les opticiens-lunetiers, car trois taux différents s'appliquent selon la nature des produits ou prestations.

Consultations et examens de réfraction : exonération de TVA

Les actes de santé réalisés par l'opticien-lunetier dans le cadre de son rôle de professionnel de santé réglementé — notamment les bilans visuels et examens de réfraction — sont exonérés de TVA en application de l'article 261-4-1° du Code général des impôts. Cette exonération couvre les prestations de santé stricto sensu.

En pratique, la plupart des opticiens intègrent l'examen de vue dans le prix global de l'équipement plutôt que de le facturer séparément. La ventilation entre la prestation de santé (exonérée) et la vente de produits optiques (soumise à TVA) doit être documentée.

Verres correcteurs : TVA à taux réduit 5,5 %

Les verres correcteurs (unifocaux, progressifs, bifocaux, à verres de contact correcteurs) bénéficient du taux réduit de TVA à 5,5 % en application de l'article 278-0 bis A du CGI. Ce taux réduit s'applique car ils constituent des équipements destinés à compenser un handicap sensoriel (défaut de vision). Ce taux réduit couvre aussi bien les verres de la classe I (100 % Santé, RAC 0) que de la classe II (tarifs libres).

Montures et lentilles décoratives : TVA normale 20 %

Les montures de lunettes (y compris les montures solaires sans correction), les lentilles de contact décoratives ou cosmétiques (sans correction), les accessoires (étuis, chiffons, produits d'entretien des lentilles) et les lunettes de soleil non correctrices sont soumis au taux normal de TVA à 20 %.

⚠️ Les lentilles de contact correctrices bénéficient du taux réduit de 5,5 % comme les verres. Seules les lentilles purement esthétiques (sans correction) restent au taux de 20 %.

Franchise en base TVA

Le seuil de la franchise en base TVA est de 37 500 € de recettes imposables pour les prestations de services (la fraction exonérée des examens de vue) et de 85 800 € pour les ventes de biens (verres et montures). En pratique, la quasi-totalité des opticiens-lunetiers libéraux dépassent ces seuils et sont assujettis à la TVA avec obligation de déposer des déclarations CA3 mensuelles ou trimestrielles. Pour en savoir plus : notre guide TVA freelance 2026.

5. La réforme 100 % Santé et son impact fiscal

La réforme 100 % Santé en optique (entrée en vigueur progressivement depuis 2020, pleinement effective depuis janvier 2021) a profondément modifié la structure du chiffre d'affaires des opticiens.

Classe I : reste à charge zéro

L'offre de classe I (aussi appelée offre 100 % Santé) comprend des montures et des verres dans des gammes définies règlementairement. Le patient ne paie rien — la prise en charge est intégrale par l'Assurance Maladie et les mutuelles (complémentaires). Les remboursements sont plafonnés : 230 € par verre (unifocaux ou progressifs) pour les verres les plus courants, plus une monture plafonnée à 30 € (prise en charge). L'opticien perçoit le tarif de prise en charge fixé par la convention, sans reste à charge pour le patient.

Sur le plan fiscal, les recettes de classe I sont des recettes imposables ordinaires (BNC ou BIC selon la nature de l'activité). La TVA applicable est de 5,5 % sur les verres et de 20 % sur les montures. La compression des marges unitaires sur la classe I renforce l'importance d'une gestion rigoureuse des charges déductibles.

Classe II : tarifs libres avec prise en charge plafonnée

L'offre de classe II couvre les équipements à prix libres. La prise en charge par l'Assurance Maladie est la même que pour la classe I, mais les mutuelles peuvent compléter jusqu'à un plafond selon les contrats. L'opticien peut pratiquer des honoraires supérieurs aux remboursements, avec un reste à charge pour le patient.

La classe II permet de pratiquer des marges plus importantes, mais reste soumise aux règles de transparence sur les prix et de limitation des restes à charge issue de la réforme.

Impact sur la gestion fiscale

La montée en puissance de la classe I a augmenté le volume d'équipements (davantage de patients appareillés) mais comprimé les marges unitaires. Cette évolution renforce l'intérêt du réel 2035 pour déduire précisément toutes les charges professionnelles et optimiser le bénéfice imposable.

6. Honoraires de l'opticien-lunetier libéral en 2026

Le chiffre d'affaires d'un opticien-lunetier libéral dépend du volume d'équipements délivrés, du mix classe I/II, de la localisation et des services complémentaires proposés.

Source de revenusMontant indicatif 2026TVA applicable
Examen de réfraction (bilan visuel)Souvent inclus dans l'équipement ou 30 – 50 €Exonéré
Équipement classe I (verres + monture RAC 0)~490 – 700 € remboursement total (plafond convention)5,5 % verres / 20 % montures
Équipement classe II (verres + monture tarifs libres)300 – 1 500 € (selon gamme et marques)5,5 % verres / 20 % montures
Lentilles de contact correctrices (mensuel / annuel)150 – 450 €/an par patient5,5 %
Lunettes de soleil correctrices200 – 800 €5,5 % verres / 20 % montures
Accessoires (étuis, nettoyants, cordons)10 – 40 €20 %

Le chiffre d'affaires annuel d'un opticien-lunetier libéral se situe généralement entre 60 000 € et 150 000 €, avec une moyenne autour de 80 000 – 100 000 € pour un praticien exerçant à temps complet. Les opticiens installés dans des zones à fort passage (centres commerciaux, zones périurbaines) ou spécialisés dans des équipements haut de gamme (verres progressifs premium, lentilles spécialisées) peuvent atteindre 120 000 – 150 000 € de recettes annuelles.

7. Frais déductibles spécifiques à l'opticien-lunetier libéral

En déclaration contrôlée 2035, vous pouvez déduire les charges professionnelles suivantes :

  • Réfractomètre automatique — équipement central pour mesurer la prescription visuelle, entre 5 000 et 12 000 € HT. Amortissement sur 5 à 7 ans.
  • Lampe à fente (biomicroscope) — pour l'examen de la cornée et du segment antérieur, entre 3 000 et 8 000 € HT. Amortissement sur 5 à 7 ans.
  • Lensomètre (frontofocomètre) — pour vérifier la puissance optique des verres existants, entre 1 500 et 4 000 € HT. Amortissement sur 5 ans.
  • Topographe cornéen / kératomètre — indispensable pour l'adaptation de lentilles de contact, entre 3 000 et 8 000 € HT. Amortissement sur 5 à 7 ans.
  • Logiciels de gestion optique (OpticianSoft, Iris, Flex, Visioptimal…) — entre 500 et 2 000 €/an. Déductibles en charge directe si abonnement mensuel.
  • Loyer de local ou cabinet — charge la plus significative pour les opticiens en local commercial. Un local en zone commerciale représente souvent 15 000 à 40 000 €/an de loyer. Intégralement déductible.
  • Indemnités kilométriques (IK) — pour les déplacements professionnels (EHPAD, personnes âgées à domicile, visites chez des opticiens partenaires). Barème 2026 : 0,529 €/km (5 CV) avec +20 % pour les véhicules électriques. Un registre kilométrique daté est obligatoire.
  • RC Pro — entre 500 et 1 500 €/an selon l'assureur et le volume d'activité.
  • Formation continue (DPC, formations sur les nouvelles technologies de verres progressifs, lentilles spécialisées) — déductible en frais réels.
  • Cotisations CIPAV retraite complémentaire (Madelin) — déductibles uniquement en déclaration contrôlée 2035, dans la limite du plafond art. 154 bis CGI. Non déductibles en micro-BNC.
  • Cotisation syndicale professionnelle (Syndicat des Opticiens / ROF / Rassemblement des Opticiens de France) — déductible en frais réels, entre 200 et 600 €/an.

⚠️ Le stock de montures d'essai utilisé en cabinet est une immobilisation (et non un stock commercial) dès lors qu'il sert à l'activité de présentation et de montage. Son traitement comptable spécifique mérite une attention particulière lors du montage de votre structure.

8. Exonérations ZRR / France Ruralités Revitalisation

Si vous vous installez dans une commune éligible à la zone France Ruralités Revitalisation (moins de 25 000 habitants, ex-ZRR), vous pouvez bénéficier d'une exonération d'IR à 100 % pendant 5 ans, puis dégressive sur 3 ans (art. 44 quindecies A CGI). Cette exonération s'applique au bénéfice BNC de votre activité libérale.

Les zones de sous-densité en opticiens sont nombreuses dans les zones rurales et semi-rurales, ce qui fait de l'installation en ZRR/FRR un choix stratégique cumulant avantage fiscal et clientèle captive. Vérifiez l'éligibilité de votre commune sur le site des services publics avant toute décision d'installation.

9. Cas chiffré : opticien-lunetier à 90 000 € de recettes

Profil : opticien-lunetier libéral, 34 ans, installé depuis 3 ans en cabinet individuel en zone périurbaine. Mix d'équipements : 60 % classe I, 40 % classe II. Frais réels estimés :

  • Loyer cabinet : 9 600 €/an (800 €/mois)
  • Amortissement réfractomètre 8 000 € HT sur 6 ans : ~1 333 €/an
  • Amortissement lampe à fente 5 000 € HT sur 5 ans : 1 000 €/an
  • Amortissement lensomètre 2 500 € HT sur 5 ans : 500 €/an
  • Logiciel gestion optique : 1 200 €/an
  • IK déplacements 3 000 km/an : ~1 587 €
  • RC Pro : 900 €/an
  • Formation continue DPC : 600 €/an
  • Cotisation syndicale : 350 €/an
  • Téléphone / internet (quote-part 70 %) : 840 €/an

Total frais réels hors CIPAV : ~17 910 €. CIPAV classe D (~5 278 €) + invalidité-décès (~450 €) = 5 728 € CIPAV total.

Option 1 : Micro-BNC

Base imposable = 90 000 × 66 % = 59 400 €. Sur cette base, les cotisations TNS (URSSAF + CIPAV provisionnelles) représentent environ ~24 000 €. L'IR estimé à TMI 30 % est d'environ ~6 300 €.

Net estimé en micro-BNC : ~59 700 €/an.

Option 2 : Déclaration contrôlée 2035

BNC imposable = 90 000 − 17 910 (frais réels) − 5 728 (CIPAV Madelin) = 66 362 €. Cotisations TNS sur cette base ~26 500 €. IR estimé ~8 100 €.

Net estimé en réel 2035 : ~49 400 €/an.

Conclusion du cas

À 90 000 € de recettes avec ces frais réels (~23 638 €, soit 26 % du CA), le micro-BNC est plus avantageux d'environ 10 300 €/an. Le seuil de bascule vers le réel 2035 se situe lorsque vos frais réels dépassent 30 600 € (= 34 % × 90 000 €). Si votre loyer est plus élevé (grande ville, emplacement prime) ou si vous amortissez du matériel lourd (topographe cornéen, équipement de basse vision), le réel 2035 peut devenir gagnant.

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10. Stratégie ARE + SELURL/SELASU sans salaire

Si vous quittez un poste salarié dans un groupe d'optique (Krys, Optic 2000, Alain Afflelou, GrandVision…) via une rupture conventionnelle pour vous installer en libéral, la stratégie ARE + SELURL/SELASU sans salaire peut être très avantageuse.

Le principe : créer une SELURL ou SELASU avant votre départ, ne vous verser aucun salaire dans un premier temps, et percevoir vos allocations chômage ARE en parallèle. Les bénéfices s'accumulent à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice), puis sont distribués en dividendes soumis à la flat tax 31,4 % une fois vos droits ARE épuisés.

Exemple chiffré

Marie, opticienne-lunetière, 36 ans. Salaire CDI : 38 000 €/an. Rupture conventionnelle après 5 ans d'ancienneté. CA SELURL en libéral : 90 000 €/an.

  • ARE : environ ~1 640 €/mois × 18 mois ≈ 29 520 € nets perçus sur la période
  • Dividendes SELURL (bénéfice IS après charges ~35 000 € × 31,4 %) : environ 24 010 € nets sur 18 mois
  • Total sur 18 mois : ~53 530 € nets

Comparativement à une EI réel 2035 sans ARE (~42 000 € nets sur 18 mois), le différentiel est d'environ +11 000 € nets grâce à la stratégie SELURL + ARE.

⚠️ La mise en place d'une SELURL/SELASU est plus contraignante pour un opticien-lunetier que pour un consultant :

  • Agrément préalable des autorités compétentes (délai de 2 à 6 semaines)
  • Convention optique à adapter à la structure sociétaire (délais administratifs supplémentaires)
  • La règle des 10 % du capital social sur les dividendes s'applique : pour éviter les cotisations TNS ~45 % sur les dividendes, capitalisez la SELURL à un niveau suffisant (idéalement ≥ 50 000 €)

Pour en savoir plus sur la rupture conventionnelle : notre guide complet.

11. Retraite : stratégie PER et Madelin

L'opticien-lunetier libéral cumule plusieurs sources de retraite :

  • Retraite de base (CNAV/SSI) — comme tout TNS
  • Retraite complémentaire CIPAV — classes A à F, forfaitaire selon revenus N-2
  • Invalidité-décès CIPAV — couverture en cas d'incapacité permanente

Ces régimes peuvent s'avérer insuffisants pour maintenir votre niveau de vie à la retraite, d'autant que le taux de remplacement des TNS est structurellement plus faible que celui des salariés. Il est fortement conseillé de compléter avec un Plan d'Épargne Retraite (PER individuel).

Le plafond de déduction PER pour un TNS en 2026 est de 10 % du bénéfice imposable + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS. Pour en savoir plus : notre guide PER freelance 2026.

En déclaration 2035, vous pouvez également déduire des cotisations de prévoyance complémentaire Madelin dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable + 7 % du PASS (soit environ 3 300 €/an de déduction supplémentaire possible en 2026). Ces cotisations couvrent notamment l'incapacité temporaire de travail (ITT) — particulièrement utile si vous exercez seul.

12. Les 6 pièges à éviter

1. TVA 20 % sur les montures confondue avec le taux réduit

La TVA sur les verres correcteurs est de 5,5 % mais celle sur les montures reste à 20 % — y compris dans le cadre de la classe I 100 % Santé. Une confusion dans la ventilation comptable entre verres et montures entraîne soit une sous-déclaration de TVA collectée (risque de redressement), soit une sur-déclaration préjudiciable. Assurez-vous que votre logiciel de caisse ventile correctement ces deux taux.

2. SASU classique créée sans vérifier la loi 90-1258

Certains opticiens-lunetiers créent une SASU classique en pensant pouvoir exercer leur activité via cette structure. C'est une erreur : la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 réserve l'exercice des professions libérales réglementées à des structures spécifiques (SELURL, SELAS, SELASU, SELARL). Les actes pratiqués via une SASU classique sont passibles d'invalidation et de poursuites disciplinaires. Consultez votre syndicat professionnel avant toute création de société.

3. CIPAV complémentaire non déductible en micro-BNC

En micro-BNC, les cotisations de retraite complémentaire CIPAV ne sont pas déductibles séparément. Elles sont censées être couvertes par l'abattement forfaitaire de 34 %. C'est uniquement en déclaration contrôlée 2035 (via la déduction Madelin art. 154 bis CGI) qu'elles peuvent être déduites de manière supplémentaire. Pour un opticien avec une CIPAV classe D (~5 278 €/an), ne pas utiliser le réel peut représenter une perte fiscale significative.

4. Choc de régularisation URSSAF dès la 2e année

La première année d'installation, vos cotisations URSSAF sont provisionnelles sur une base forfaitaire minimale. La régularisation en N+1 sur la base de vos revenus réels peut représenter 15 000 à 25 000 € de rappel pour un opticien à 90 000 € de recettes. Provisionnez entre 35 et 40 % de votre bénéfice dès la première année. Pour mieux comprendre ce mécanisme : notre guide sur les cotisations provisionnelles TNS.

5. IK sans registre kilométrique daté

Les déplacements professionnels (visites à domicile pour des patients à mobilité réduite, formations, déplacements chez des fournisseurs) sont déductibles via les indemnités kilométriques. En cas de contrôle URSSAF ou DGFiP, un registre kilométrique insuffisant entraîne le rejet intégral de la déduction. Tenez un registre avec les dates, les adresses de départ et d'arrivée, le motif du déplacement et le nombre de kilomètres.

6. SELURL mal capitalisée : dividendes soumis aux cotisations TNS

En SELURL (équivalent EURL), la règle des 10 % du capital social s'applique aux dividendes : la fraction des dividendes excédant 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants d'associés est soumise aux cotisations TNS (~45 %). Avec un capital de 1 €, la quasi-totalité des dividendes sont taxés à ~45 %, neutralisant totalement l'avantage de l'IS. Capitalisez la SELURL à un niveau suffisant (idéalement ≥ 50 000 €) pour optimiser la distribution de dividendes.

Conclusion : quelle stratégie pour votre situation ?

Recettes annuellesRecommandation
Moins de 50 000 €Micro-BNC souvent optimal si frais réels < 17 000 €. ACRE à activer dès la création.
50 000 – 77 700 €Simuler les deux régimes. Réel 2035 gagnant si frais réels > 34 % du CA (loyer élevé + matériel important).
77 700 – 100 000 €Réel 2035 obligatoire. Envisager SELURL avec bon capital si stratégie IS + capitalisation patrimoniale.
Plus de 100 000 €SELASU avec capital ≥ 50 000 € + PER + stratégie ARE si sortie de salariat. Consultation d'un expert-comptable spécialisé professions libérales recommandée.

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