L'orthoptiste libéral conventionné exerce en 2026 dans un cadre fiscal qui lui est propre : des honoraires encadrés par la nomenclature CPAM (lettre-clé AMY), une caisse de retraite complémentaire spécifique (CARPIMKO) et un choix de statut juridique conditionné par les règles des professions de santé paramédicales. Avec environ 6 000 orthoptistes libéraux en France et une demande croissante liée au vieillissement de la population et à la montée des troubles visuels fonctionnels, la profession connaît un essor notable. Ce guide détaille tout ce qu'un orthoptiste libéral doit savoir pour choisir son statut et optimiser son net en poche.
1. Quel statut juridique pour un orthoptiste libéral ?
Le statut par défaut de l'orthoptiste libéral conventionné est l'exercice en nom propre sous le régime BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Comme pour les kinésithérapeutes, infirmiers ou orthophonistes, la SASU classique est inaccessible pour facturer en conventionné CPAM : la nomenclature générale des actes professionnels impose que les actes soient réalisés directement par un professionnel de santé physique, pas par une société commerciale.
Les structures disponibles pour un orthoptiste libéral sont :
- EI (micro-BNC ou réel 2035) — la voie la plus simple et la plus répandue pour un orthoptiste solo
- EURL à l'IR — transparence fiscale identique à l'EI réel mais avec plus de formalités ; peu utilisée en pratique
- SELAS / SELURL — Société d'Exercice Libéral, accessible sous conditions, soumise à l'IS, avec les règles spécifiques des professions paramédicales réglementées (règle des 10 % du capital, agrément CARPIMKO, convention CPAM à renégocier avec l'Assurance Maladie dans un délai de 2 à 4 semaines)
- SCM (Société Civile de Moyens) — structure de partage de frais entre plusieurs orthoptistes ou avec des ophtalmologistes de référence, sans personnalité morale propre sur le plan fiscal, chaque associé restant individuellement soumis au régime BNC
En pratique, la grande majorité des orthoptistes libéraux exercent en EI (micro-BNC ou déclaration contrôlée 2035). La SELAS n'est pertinente qu'au-delà d'un certain niveau de revenus, et seulement si l'on accepte la complexité administrative liée à l'agrément CARPIMKO et à la renégociation de la convention CPAM.
2. Micro-BNC ou déclaration contrôlée 2035 : lequel choisir ?
Le micro-BNC s'applique automatiquement jusqu'à 83 600 € de recettes brutes annuelles (plafond 2026) et offre un abattement forfaitaire de 34 % censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles. La déclaration contrôlée (formulaire 2035) permet au contraire de déduire les frais réels.
Le micro-BNC est gagnant tant que vos frais réels sont inférieurs à 34 % de votre CA, soit moins de :
- 13 600 € pour 40 000 € de recettes annuelles
- 17 000 € pour 50 000 € de recettes annuelles
- 20 400 € pour 60 000 € de recettes annuelles
Dans la pratique, un orthoptiste avec un cabinet en ophtalmologie ou un cabinet autonome a souvent des frais réels inférieurs à 34 % du CA (loyer partagé, matériel amorti sur plusieurs années, peu de consommables). Le micro-BNC reste donc souvent la solution la plus avantageuse pour les orthoptistes dont les charges ne dépassent pas ce seuil.
Point critique : le seuil de franchise TVA (37 500 €) et le seuil du micro-BNC (83 600 €) sont deux plafonds distincts et indépendants. Un orthoptiste peut être en micro-BNC (CA entre 37 500 € et 83 600 €) et devoir collecter la TVA sur certaines activités non conventionnées (bien-être visuel, coaching vision) si celles-ci dépassent le seuil TVA.
3. Cotisations CARPIMKO 2026 : le détail complet
La CARPIMKO est la caisse de retraite et de prévoyance commune à six professions paramédicales réglementées : kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes, pédicures-podologues, ergothérapeutes et orthoptistes. Les taux et barèmes sont identiques pour toutes ces professions.
Les cotisations CARPIMKO 2026 se décomposent ainsi :
Retraite de base (régime général SSI)
Taux de 17,75 % plafonné à 1 PASS (47 100 €/an en 2026). Au-delà du PASS, la cotisation est symbolique (0,60 %). Cette cotisation valide des trimestres au régime général.
Retraite complémentaire CARPIMKO (classes A à H)
La retraite complémentaire est cotisée selon une cotisation forfaitaire annuelle déterminée par la classe choisie ou attribuée en fonction des revenus de l'avant-dernière année (N-2) :
- Classe A : ~700 €/an — pour les débuts d'activité ou revenus très faibles
- Classe B : ~1 100 €/an
- Classe C : ~1 700 €/an
- Classe D : ~2 400 €/an
- Classe E : ~3 300 €/an
- Classe F : ~4 400 €/an
- Classe G : ~5 600 €/an
- Classe H : ~7 200 €/an — pour les revenus élevés
La classe est déterminée automatiquement selon les revenus N-2 déclarés. Lors de la première installation, la classe minimale (A) s'applique la première et la deuxième année. Attention : le passage à une classe supérieure en N+2 peut créer un choc de cotisations à provisionner.
ASV (Avantage Social Vieillesse)
L'ASV est une retraite supplémentaire financée en partie par l'Assurance Maladie. La fraction à la charge du praticien est d'environ 1/3, soit ~400 à 700 €/an selon le niveau d'activité conventionnée. Les 2/3 restants sont pris en charge par la CPAM. Cette cotisation ouvre droit à une retraite additionnelle sous forme de points ASV valorisés à la liquidation.
Invalidité-décès
Cotisation forfaitaire de ~200 à 350 €/an selon les classes. Elle garantit une rente en cas d'invalidité reconnue par la CARPIMKO, et un capital décès aux ayants droit.
4. Cotisations URSSAF (maladie PAMC)
En complément des cotisations CARPIMKO, l'orthoptiste libéral conventionné est affilié au régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC) pour ses cotisations maladie-maternité. Le taux applicable est d'environ 6,5 % de la rémunération conventionnée, avec en sus la CSG (9,2 %), la CRDS (0,5 %) et les allocations familiales (3,1 % jusqu'à 110 % du PASS, puis 5,25 % au-delà).
La spécificité du régime PAMC : les cotisations maladie sont calculées sur les revenus conventionnés uniquement (actes CPAM), pas sur l'ensemble du CA si l'orthoptiste a des revenus non conventionnés.
5. La TVA pour l'orthoptiste libéral
La TVA s'applique de façon différenciée selon la nature de chaque acte réalisé :
- Actes orthoptiques thérapeutiques conventionnés CPAM (bilans orthoptiques, séances de rééducation strabique et de l'amblyopie, rééducation des déficits oculomoteurs) : exonérés de TVA en application de l'article 261-4-1° du CGI (soins dispensés par des auxiliaires médicaux dans l'exercice de leur profession)
- Activités de bien-être visuel et vision fonctionnelle non thérapeutiques (coaching vision, ateliers de vision naturelle, sophrologie visuelle sans prescription médicale) : soumises à la TVA au taux normal de 20 %
- Bilans et consultations hors convention pour personnes sans prescription médicale ou pour entreprises (bilan visuel au poste de travail, dépistage collectif) : soumis à la TVA à 20 % si hors cadre thérapeutique conventionné
La franchise de TVA s'applique séparément aux activités soumises (seuil de 37 500 € pour les prestations de services). Concrètement, un orthoptiste peut avoir un CA total de 55 000 € composé de 50 000 € d'actes exonérés CPAM et 5 000 € de prestations en entreprise : les 5 000 € restent sous le seuil de franchise, aucune TVA n'est due.
6. La lettre-clé AMY et les honoraires 2026
Les actes orthoptiques remboursés par l'Assurance Maladie sont cotés avec la lettre-clé AMY (Actes Médicaux de rééducation en orthoptie), dont la valeur unitaire en 2026 est de 2,65 € (identique aux autres lettres-clés des paramédicaux conventionnés). Les principaux actes remboursés sont :
- Bilan orthoptique initial (AMY 14) : ~37,10 € — prescrit par un ophtalmologiste, il comprend l'évaluation complète des déséquilibres oculomoteurs et de la vision binoculaire
- Bilan de suivi (AMY 7) : ~18,55 € — bilan intermédiaire en cours de traitement
- Séance de rééducation orthoptique (AMY 7) : ~18,55 € — séance standard pour strabisme, amblyopie, insuffisance de convergence
- Séance de rééducation complexe (AMY 9,5) : ~25,18 € — pour les cas nécessitant des techniques avancées (synoptophore, prismes, orthopteur)
- Dépistage collectif préscolaire ou scolaire (AMY 5,5 par enfant) : ~14,58 €
- Actes hors nomenclature (bilan visuel au poste de travail, dépistage entreprise, vision fonctionnelle adulte) : honoraires libres, généralement 50 à 90 €/séance
En pratique, un orthoptiste libéral exerçant à temps plein (20 à 25 patients/jour, 42 semaines/an) génère un CA brut de 40 000 à 70 000 €/an, selon sa localisation (cabinet individuel vs cabinet partagé avec ophtalmologiste), le volume de bilans initiaux et la part d'activité non conventionnée.
7. Frais déductibles spécifiques à l'orthoptiste libéral
En régime réel (déclaration contrôlée 2035), les frais professionnels déductibles de l'orthoptiste libéral comprennent notamment :
- Loyer du cabinet ou quote-part SCM : totalité de la fraction professionnelle si cabinet dédié, ou quote-part en cabinet partagé avec un ophtalmologiste
- Matériel d'exploration visuelle et de rééducation : réfractomètre objectif (~2 000–5 000 €), synoptophore (~3 000– 8 000 €), orthopteur électronique (~1 500–4 000 €), écran de Hess-Lancaster (~500–1 500 €), prismes de Fresnel et verres d'essai, lampe à fente — amortissement sur 5 à 10 ans selon la nature du matériel
- Logiciels de rééducation visuelle (Orthokid, Revmed, CambiVisu, JYM Vision) : déductibles intégralement si abonnement, amortis sur 3 ans si achat
- Indemnités kilométriques (IK) : pour les orthoptistes qui se déplacent en EHPAD, en IME ou à domicile (patients à mobilité réduite), le barème kilométrique 2026 s'applique : 0,529 €/km pour un véhicule 5 CV thermique, majoré de 20 % pour les véhicules électriques. Un registre kilométrique daté est obligatoire.
- Logiciel de gestion de cabinet (Doctolib ~2 400 €/an, ou Keldoc, Mondocteur) : déductible intégralement
- RC Pro : ~300 à 700 €/an selon le niveau de garanties
- Cotisation syndicale (SNAO ou autre syndicat d'orthoptistes) : ~150 à 300 €/an
- Formation DPC (Développement Professionnel Continu) : les formations non prises en charge par l'ANDPC sont déductibles
- Cotisation CARPIMKO complémentaire (retraite) : déductible au titre de la loi Madelin uniquement en régime réel BNC (art. 154 bis CGI), pas en micro-BNC. C'est un levier d'optimisation souvent sous-estimé.
8. Cas chiffré : Lucie, orthoptiste libérale, 55 000 € de CA
Lucie est orthoptiste libérale installée en cabinet individuel en région bordelaise. Elle génère 55 000 € de recettes brutes par an (actes conventionnés : rééducation strabique, amblyopie, insuffisance de convergence, plus quelques bilans au poste de travail non conventionnés). Ses frais réels s'élèvent à environ 13 000 € (loyer 4 800 €, Doctolib 2 400 €, matériel 1 200 €, RC Pro 400 €, IK 2 200 €, cotisations syndicales et divers 2 000 €).
En micro-BNC
Abattement forfaitaire de 34 % : 55 000 × 0,66 = 36 300 € de bénéfice imposable. Cotisations URSSAF PAMC + CARPIMKO totales : environ 14 000 à 16 000 €/an (base SSI 17,75 % + maladie PAMC 6,5 % + CARPIMKO complémentaire classe C/D + ASV). Net annuel estimé : ~22 500 à 24 000 € (soit environ 1 900 €/mois).
En déclaration contrôlée 2035 (frais réels)
Bénéfice réel : 55 000 − 13 000 = 42 000 €. Les cotisations CARPIMKO complémentaire (classe D, ~2 400 €/an) sont déductibles en Madelin. Net annuel estimé : ~23 000 à 25 500 € (soit environ 2 000 €/mois).
Conclusion du cas
À 55 000 € de CA et 13 000 € de frais réels (soit 23,6 % du CA, bien en dessous du seuil des 34 %), le micro-BNC est légèrement défavorable car il surestime les charges. Lucie gagnerait à opter pour le régime réel, notamment pour déduire la cotisation CARPIMKO complémentaire en Madelin. Si ses frais réels étaient inférieurs à 18 700 € (34 % × 55 000 €), le micro-BNC redeviendrait indifférent. Le seuil exact à 55 000 € de CA est d'environ 13 000 à 15 000 € de frais réels selon le montant de la CARPIMKO complémentaire.
9. Zones sous-dotées, ZIP et ZRR : les aides à l'installation
L'orthoptie figure parmi les professions de santé paramédicales éligibles aux dispositifs d'aide à l'installation dans les zones sous-dotées :
- ZSD (Zones de Sécurité Démographique) / ZIP (Zones d'Intervention Prioritaire) définies par les ARS : aides à l'installation de l'Assurance Maladie (contrats incitatifs ACI ou CAPI), non imposables dans la mesure où elles constituent des aides à caractère social
- ZRR / France Ruralités (art. 44 quindecies A CGI) : exonération d'IR à 100 % pendant 5 ans, puis dégressive sur 3 ans (75 %, 50 %, 25 %), pour les orthoptistes s'installant dans une commune de moins de 25 000 habitants classée en zone éligible. Ce dispositif peut représenter une économie de plusieurs milliers d'euros sur les premières années d'installation.
10. La stratégie ARE + SELAS sans salaire
Pour un orthoptiste qui quitte un CDI (ou un poste salarié en établissement : clinique ophtalmologique, hôpital, centre de vision) pour s'installer en libéral, la stratégie ARE + SELAS sans salaire peut représenter un avantage financier significatif par rapport à une installation classique en EI.
Le principe est le suivant : après une rupture conventionnelle ou un licenciement, l'orthoptiste crée une SELAS (ou SELURL) sans se verser de salaire. Il perçoit ses allocations chômage (ARE) en maintien total tant qu'il ne se verse pas de rémunération. Les recettes professionnelles s'accumulent dans la société, et les bénéfices sont distribués en dividendes après la clôture du premier exercice. Particularité de la SELAS : les dividendes versés au président assimilé salarié sont soumis à la règle des 10 % du capital social + CCA (cotisations CARPIMKO sur la fraction excédentaire), ce qui nécessite une capitalisation minimale pour optimiser.
Cas chiffré : Claire, orthoptiste, 34 ans
Claire était orthoptiste salariée dans une clinique ophtalmologique (30 000 € de salaire brut annuel). Après une rupture conventionnelle, elle s'installe en libéral via une SELAS capitalisée à 40 000 € (seuil permettant de protéger 4 000 €/an de dividendes sans cotisations CARPIMKO complémentaires). Elle génère 55 000 € de CA sa première année.
- ARE perçue sur 18 mois (salaire net de référence ~1 850 €/mois) : ~26 500 €
- Bénéfice IS SELAS 1ère année (IS 15 %) : ~38 000 € après charges — IS dû ~5 700 €
- Dividendes distribués (flat tax CARPIMKO réglée + PFU 31,4 % sur la fraction exonérée de cotisations grâce au capital 40 000 €) : ~12 000 € nets
- Total sur 18 mois : ~38 500 € nets, contre environ 24 000 à 27 000 € en EI réel BNC sans ARE
Le gain de la stratégie SELAS + ARE représente ici ~11 500 à 14 500 € de revenus supplémentaires sur les 18 premiers mois.
11. Retraite de l'orthoptiste libéral
La retraite de l'orthoptiste libéral est composée de plusieurs étages :
- Retraite de base CNAV (régime général SSI) : calculée sur les cotisations SSI (17,75 % jusqu'à 1 PASS). Le taux plein est de 50 % du salaire annuel moyen des 25 meilleures années, plafonné à 1 PASS. Durée de cotisation requise : 172 trimestres (43 ans) pour les générations à partir de 1973.
- Retraite complémentaire CARPIMKO : en points, capitalisés tout au long de la carrière selon la classe choisie. La pension complémentaire peut représenter 30 à 50 % de la pension totale selon la durée d'adhésion et la classe cotisée.
- ASV (Avantage Social Vieillesse) : points accumulés grâce aux cotisations ASV, avec contribution de l'Assurance Maladie à hauteur de 2/3. La rente ASV à la retraite peut représenter 200 à 500 €/mois selon le niveau d'activité conventionnée.
- PER (Plan d'Épargne Retraite) : en régime réel BNC, le plafond de déductibilité est de 10 % du bénéfice net + 15 % entre 1 et 8 PASS. Les versements sur un PER individuel réduisent l'assiette d'IR. La cotisation CARPIMKO complémentaire est également déductible au titre du contrat Madelin (art. 154 bis CGI), ce qui s'additionne au plafond PER.
12. Les 6 pièges à éviter en 2026
Piège 1 : croire que la SASU classique est accessible
Certains orthoptistes sont tentés de créer une SASU standard pour bénéficier du régime assimilé salarié. C'est une erreur grave : les actes orthoptiques conventionnés CPAM ne peuvent être facturés par une SASU commerciale. L'exercice en SASU commerciale exposerait l'orthoptiste à l'invalidité de ses actes et à des poursuites disciplinaires devant la CARPIMKO. Seule la SELAS (ou SELURL) est autorisée pour exercer en société.
Piège 2 : l'ASV comptée deux fois dans les revenus CARPIMKO
La fraction ASV prise en charge par l'Assurance Maladie (les 2/3) peut être déclarée à tort comme revenu professionnel dans la base de calcul des cotisations CARPIMKO. La fraction praticien (1/3) est cotisée et doit être neutralisée pour éviter un double comptage. Vérifiez avec votre expert-comptable le traitement exact des lignes ASV dans votre 2035.
Piège 3 : les IK sans registre kilométrique
Les orthoptistes qui se déplacent en EHPAD, en IME ou à domicile déduisent souvent des indemnités kilométriques sans tenir de registre daté et précis (date, départ, arrivée, kilomètres, motif). En cas de contrôle URSSAF ou DGFiP, l'absence de registre entraîne le rejet systématique des IK et un redressement sur les trois exercices non prescrits.
Piège 4 : la cotisation CARPIMKO complémentaire non déduite en micro
En micro-BNC, l'abattement forfaitaire de 34 % est censé couvrir toutes les charges, y compris la cotisation CARPIMKO complémentaire. Celle-ci n'est donc pas déductible séparément en micro-BNC. En régime réel (2035), elle devient déductible au titre du contrat Madelin (art. 154 bis CGI), ce qui peut représenter 700 à 7 200 €/an de déduction supplémentaire selon la classe. C'est souvent ce levier qui fait basculer l'arbitrage en faveur du régime réel au-delà de 50-55 k€ de CA.
Piège 5 : le choc de régularisation URSSAF la 2ème année
Les cotisations URSSAF (maladie PAMC et SSI) sont calculées à titre provisionnel sur les revenus N-2 la première année, puis régularisées en N+1. Un orthoptiste qui génère 55 000 € la première année peut se voir réclamer 8 000 à 12 000 € de régularisation dès la deuxième année de cotisation. Il est indispensable de provisionner 35 à 40 % des recettes mensuelles dès le premier jour d'installation.
Piège 6 : les séances de bien-être visuel soumises à TVA
Un orthoptiste qui propose des ateliers de vision naturelle, de coaching visuel ou de sophrologie visuelle à des adultes sans prescription médicale exerce une activité de bien-être soumise à TVA à 20 %. Si ces activités dépassent 37 500 € de CA sur l'année, la TVA doit être collectée dès le 1er euro de dépassement. Beaucoup d'orthoptistes qui développent un volet bien-être visuel ou vision fonctionnelle pour entreprises oublient ce franchissement.
Conclusion
L'orthoptiste libéral en 2026 évolue dans un environnement fiscal spécifique, marqué par les contraintes CARPIMKO et le cadre conventionnel CPAM (lettre-clé AMY). Le micro-BNC reste souvent pertinent jusqu'à 50-55 k€ de CA si les frais réels restent sous 34 % du CA, mais le régime réel devient intéressant dès que la cotisation CARPIMKO complémentaire est suffisamment élevée pour être déduite en Madelin. La stratégie ARE + SELAS, réservée aux orthoptistes qui quittent un poste salarié, peut générer un gain de 10 000 à 15 000 € sur les 18 premiers mois d'installation.
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Voir aussi : Kinésithérapeute libéral 2026 · Orthophoniste libéral 2026 · Psychomotricien libéral 2026 · Ergothérapeute libéral 2026 · SEL et professions libérales réglementées