Prélèvements sociaux 2026 : 18,6 % ou 17,2 % ? La carte complète par type de revenu

Depuis la LFSS 2026, deux taux de prélèvements sociaux coexistent sur les revenus du capital : 18,6 % sur les revenus mobiliers (dividendes, intérêts, PEA, CTO, crypto) et 17,2 % maintenu sur les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie et les SCPI. Tableau récapitulatif, cas chiffrés et pièges à éviter.

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Jusqu'en 2025, la règle était simple : tous les revenus du capital supportaient 17,2 % de prélèvements sociaux. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a cassé cette uniformité : la CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %, mais uniquement pour les revenus mobiliers. Résultat : deux taux coexistent désormais — 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières, 17,2 % maintenusur le foncier, l'immobilier, l'assurance-vie et les SCPI.

Pour un freelance en SASU ou EURL qui arbitre entre dividendes, assurance-vie, SCPI ou CTO, cette distinction change les calculs. Voici la carte complète, revenu par revenu.

La règle 2026 : 18,6 % sur le mobilier, 17,2 % sur le reste

Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital se décomposent en trois briques : la CSG, la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %). La LFSS 2026 n'a touché qu'à la CSG, et seulement pour une partie des revenus :

ComposanteRevenus mobiliersFoncier, immo, AV, SCPI
CSG10,6 % (hausse LFSS 2026)9,2 % (inchangée)
CRDS0,5 %0,5 %
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %
Total prélèvements sociaux18,6 %17,2 %

Conséquence directe pour les dirigeants de SASU et d'EURL à l'IS : la flat tax (PFU) sur les dividendes est passée de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Notre guide PFU vs barème progressif détaille l'arbitrage avec ce nouveau taux.

Qui est à 18,6 % ? Les revenus mobiliers

  • Dividendes de SASU, EURL à l'IS (fraction < 10 % du capital pour les TNS), actions cotées ;
  • Intérêts : comptes à terme, livrets bancaires fiscalisés, obligations, comptes courants d'associé ;
  • Plus-values mobilières : cession d'actions, de parts sociales, d'ETF sur CTO ;
  • PEA et PEA-PME : gains lors des retraits (l'exonération d'IR après 5 ans est maintenue) ;
  • PER en capital : la part de gains taxée au PFU à la sortie ;
  • Épargne salariale : intéressement, participation, abondement placés puis débloqués ;
  • Crypto-actifs : plus-values de cession (PFU global 31,4 %) ;
  • Produits de placement financiers divers (fonds euros hors assurance-vie, produits structurés sur CTO…).

Qui reste à 17,2 % ? L'immobilier et l'assurance-vie

  • Revenus fonciers : loyers de location nue imposés au barème ;
  • Plus-values immobilières : résidence secondaire, immeuble de rapport (19 % d'IR + 17,2 % de PS) ;
  • Assurance-vie : gains des rachats, quel que soit l'âge du contrat, et prélèvements annuels sur fonds euros ;
  • SCPI : revenus fonciers distribués et plus-values immobilières, y compris en direct ;
  • PEL, CEL, PEP : intérêts des plans épargne logement et anciens plans d'épargne populaire.

📌 Le réflexe à retenir : si le revenu vient d'un titre financier(action, part, obligation, crypto), c'est 18,6 %. S'il vient de la pierre ou d'un contrat d'assurance (foncier, PV immo, SCPI, assurance-vie, PEL), c'est 17,2 %. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent totalement exonérés.

Tableau récapitulatif : taux global par type de revenu en 2026

Type de revenuPrélèvements sociauxTaux global (avec IR)
Dividendes SASU/EURL (PFU)18,6 %31,4 %
Dividendes (option barème, TMI 30 %)18,6 %≈ 34,5 % (abattement 40 %, CSG déductible 6,8 %)
Intérêts (CAT, livrets fiscalisés, CCA)18,6 %31,4 %
Plus-values mobilières sur CTO18,6 %31,4 %
PEA > 5 ans (retrait)18,6 %18,6 % (0 % d'IR)
Crypto-actifs (PFU)18,6 %31,4 %
Assurance-vie > 8 ans (après abattement)17,2 %24,7 % (7,5 % + 17,2 %, versements < 150 k€)
Assurance-vie < 8 ans17,2 %30 % (12,8 % + 17,2 %)
Revenus fonciers (location nue, TMI 30 %)17,2 %47,2 %
Revenus SCPI en direct (TMI 30 %)17,2 %47,2 %
Plus-value immobilière17,2 %36,2 % (19 % + 17,2 %, avant abattements de durée)
PEL / CEL (intérêts)17,2 %30 %

CSG déductible : 6,8 % seulement au barème, jamais au PFU

La CSG sur les revenus du capital est partiellement déductible du revenu imposable de l'année suivante — mais uniquement si les revenus sont soumis au barème progressif (case 2OP pour les revenus mobiliers, ou de plein droit pour les revenus fonciers). La fraction déductible reste fixée à 6,8 %: la hausse de CSG de 9,2 % à 10,6 % sur le mobilier n'a pas relevé la part déductible. Autrement dit, sur les revenus mobiliers au barème, 3,8 points de CSG (10,6 − 6,8) plus la CRDS et le prélèvement de solidarité restent non déductibles.

Au PFU, rien n'est déductible. Cet écart pèse dans l'arbitrage PFU vs barème sur les dividendes : l'option 2OP reste réservée aux TMI à 0 % ou 11 %, mais la CSG déductible adoucit légèrement la note pour ceux qui la choisissent.

Cas chiffré : 10 000 € de gains, trois enveloppes, trois taux

Prenons un dirigeant de SASU, célibataire, TMI 30 %, qui veut se verser ou récupérer 10 000 € de gains en 2026 :

ScénarioPrélèvementsNet perçu
10 000 € de dividendes (PFU 31,4 %)3 140 €6 860 €
Rachat assurance-vie > 8 ans, 10 000 € de gains2 125 € (IR 7,5 % sur 5 400 € après abattement 4 600 € + PS 17,2 % sur 10 000 €)7 875 €
10 000 € de loyers SCPI en direct (TMI 30 % + 17,2 %)4 720 €5 280 €

L'assurance-vie après 8 ans conserve un net supérieur au dividende grâce au cumul abattement annuel + taux de PS maintenu à 17,2 %. Les loyers SCPI en direct restent les plus taxés pour une TMI à 30 % — mais ils s'évaluent sur la durée et avec le levier du crédit, pas sur un seul flux. Voir nos guides assurance-vie vs PER et SCPI et freelance.

Impact sur la stratégie de trésorerie SASU/EURL

La hausse ciblée sur le mobilier modifie la hiérarchie des enveloppes pour placer sa trésorerie personnelle après distribution :

  • Le CTO et les intérêts fiscalisés sont les perdants relatifs : 31,4 % sur chaque flux ;
  • L'assurance-vie gagne en attractivité relative : PS maintenus à 17,2 %, abattement annuel après 8 ans, capitalisation sans frottement annuel sur les unités de compte ;
  • Les SCPI(revenus fonciers) échappent à la hausse — leur fiscalité reste lourde à TMI élevée, mais l'écart avec le mobilier s'est resserré de 1,4 point ;
  • Le PEA reste imbattable sur le long terme (18,6 % seulement, sans IR), malgré la hausse.

Pour la trésorerie qui reste dans la société, les règles sont différentes (IS, art. 209-0 A pour les OPCVM…) : voir investir la trésorerie de sa SASU/EURL.

Les 5 pièges à éviter

  1. Croire que tout est passé à 18,6 %.Non : appliquer 18,6 % à un rachat d'assurance-vie, à des loyers ou à une plus-value immobilière, c'est surestimer l'impôt de 1,4 point. La hausse ne vise que le mobilier.
  2. Appliquer encore 17,2 % aux dividendes.L'erreur inverse : un prévisionnel de distribution 2026 calé sur la flat tax à 30 % est faux. Le bon taux est 31,4 %.
  3. Oublier que le PEA n'est exonéré que d'IR. Après 5 ans, les gains supportent tout de même 18,6 % de prélèvements sociaux au retrait.
  4. Confondre prélèvements sociaux et cotisations TNS. En EURL, les dividendes du gérant majoritaire au-delà de 10 % du capital supportent des cotisations sociales TNS (qui ouvrent des droits retraite), pas les PS à 18,6 %. Voir dividendes en EURL.
  5. Utiliser 30 % dans les simulateurs.Beaucoup d'outils en ligne n'ont pas été mis à jour. Notre simulateur intègre le PFU à 31,4 % sur tous les statuts.

Questions fréquentes

Tous les prélèvements sociaux sont-ils passés à 18,6 % en 2026 ?
Non, et c'est le point le plus important. La hausse de CSG de la LFSS 2026 (9,2 % → 10,6 %) est ciblée sur les revenus mobiliers : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, CTO, crypto, épargne salariale, PER en capital. Les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l'assurance-vie, les SCPI et les PEL/CEL/PEP restent à 17,2 %.
La flat tax est-elle toujours à 30 % en 2026 ?
Non. Avec des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les revenus mobiliers, le PFU (flat tax) est passé de 30 % à 31,4 % : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux. Toute simulation de dividendes qui utilise encore 30 % surestime votre net d'environ 1,4 point.
Un rachat d'assurance-vie supporte-t-il 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026 ?
Non. L'assurance-vie fait partie des catégories épargnées par la hausse : les gains d'un rachat restent soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %, quel que soit l'âge du contrat. C'est l'un des rares placements financiers à conserver l'ancien taux, ce qui améliore mécaniquement sa position relative face au CTO.
La CSG sur les dividendes est-elle déductible en 2026 ?
Uniquement si vous optez pour le barème progressif (case 2OP). Dans ce cas, 6,8 % du montant brut sont déductibles de votre revenu imposable de l'année suivante. Au PFU, aucune CSG n'est déductible. La hausse de CSG à 10,6 % ne change pas la fraction déductible, ce qui alourdit la part non déductible pour les revenus mobiliers.
Le PEA est-il concerné par la hausse des prélèvements sociaux ?
Oui. Le PEA conserve son exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, mais les gains supportent les prélèvements sociaux au taux en vigueur au moment du retrait : 18,6 % en 2026. L'avantage du PEA reste réel (0 % d'IR contre 12,8 % sur un CTO) mais il est légèrement rogné par la hausse.
Les dividendes d'un gérant d'EURL supportent-ils les prélèvements sociaux à 18,6 % ?
Seulement pour la fraction inférieure à 10 % du capital social (+ primes + comptes courants). Au-delà de ce seuil, les dividendes du gérant majoritaire TNS sont soumis aux cotisations sociales TNS (avec CSG-CRDS sur revenus d'activité), pas aux prélèvements sociaux sur le capital. Ne confondez pas les deux régimes : les taux et les contreparties (droits retraite) sont très différents.

Sources officielles

Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif et général. Elles ne constituent pas un conseil fiscal, social ou juridique personnalisé et peuvent évoluer avec la législation. Avant toute décision, vérifiez les règles applicables à votre situation auprès des organismes officiels (URSSAF, impots.gouv.fr) ou d'un expert-comptable.

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