Si vous êtes freelance en BNC au régime réel (déclaration contrôlée 2035), c'est-à-dire à peu près tout consultant, développeur, formateur, coach, kiné, avocat, médecin libéral ou architecte qui a quitté la micro-entreprise, vous tenez votre comptabilité par défaut en trésorerie : vous fiscalisez les recettes au moment où elles arrivent sur votre compte bancaire et vous déduisez les charges au moment où vous les payez. C'est simple, c'est intuitif, et c'est ce que font 90 % des freelances en BNC réel.
Mais il existe une option fiscale formelle qui change radicalement le timing de votre IR et de vos cotisations TNS : la comptabilité d'engagement (art. 93 A CGI). Vous fiscalisez alors les créances acquises dès que vous facturez — même non encaissées — et déduisez les dépenses engagées dès que la facture fournisseur est reçue, même non payée. Sur un exercice avec 15 000 € de factures impayées au 31 décembre, le différentiel d'IR + cotisations TNS atteint facilement 6 000 à 8 000 € de trésorerie reportée d'une année sur l'autre.
Le piège, c'est que depuis la LFI 2022 (art. 158 ter CGI), l'option est irrévocable pendant 5 ans et continue par tacite reconduction au-delà. On ne joue pas avec ce levier comme avec un toggle de simulateur.
Cadre légal : art. 93 A CGI et art. 158 ter CGI
Le régime de droit commun du BNC est posé par l'art. 93 du CGI : le bénéfice à déclarer correspond à l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. La doctrine et la jurisprudence ont depuis longtemps interprété ce texte comme une comptabilité de trésorerie pure. Le Conseil d'État a confirmé à plusieurs reprises que le fait générateur de l'imposition d'une recette BNC est l'encaissement effectif (CE 7 juillet 1989 n° 67098) — pas l'émission de la facture.
L'art. 93 A du CGI introduit, depuis la loi du 12 juillet 1965, une option ouverte à tout BNC réel pour passer en comptabilité d'engagement : recettes constatées en créances acquises dès la facturation, dépenses en dépenses engagées dès la naissance de la dette. La doctrine est codifiée à BOI-BNC-BASE-20-10-20.
L'art. 158 ter du CGI issu de la loi de finances 2022 a durci les conditions de l'option : pour les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2022, l'option pour la comptabilité d'engagement est irrévocable pendant une durée de 5 ans, puis se reconduit tacitement d'année en année tant qu'elle n'est pas dénoncée. Avant cette réforme, l'option pouvait être révoquée d'un exercice à l'autre — c'est terminé.
Comptabilité de trésorerie : le régime par défaut
En trésorerie, votre fait générateur est le flux bancaire. Une facture émise le 15 décembre 2026 et payée par votre client le 18 février 2027 est fiscalisée en 2027. Symétriquement, une facture fournisseur reçue le 20 décembre 2026 et payée par virement le 8 janvier 2027 est déductible en 2027.
Conséquences pratiques :
- La 2035 lignes recettes (A à H) reflète les encaissements effectifs du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre (chèques crédités, virements reçus, espèces, paiements CB Stripe — voir Stripe / PayPal / Wise).
- Les charges 2035 lignes BA à BR reflètent les paiements effectifs.
- Vous pouvez moduler votre revenu fiscalisé en jouant sur le timing des paiements (encaisser un chèque le 2 janvier au lieu du 28 décembre, payer un fournisseur le 31 décembre au lieu du 5 janvier).
- Aucun retraitement comptable nécessaire : ce que dit votre relevé bancaire = ce que vous déclarez.
Pour un freelance qui facture en fin d'année à des clients qui paient à 30, 45 ou 60 jours, la trésorerie déporte mécaniquement une partie significative du chiffre d'affaires sur l'exercice suivant. C'est un amortisseur naturel de pic d'activité.
Comptabilité d'engagement : le régime sur option
En engagement, votre fait générateur est la facture. Une facture émise le 15 décembre 2026 est intégrée dans la 2035 de 2026 — peu importe qu'elle soit encaissée en février 2027, en juin 2027 ou jamais (auquel cas vous passerez une provision pour créance douteuse, déductible en N+1).
Conséquences pratiques :
- Tenue d'une comptabilité d'engagement complète avec journal d'achats, journal de ventes, balance auxiliaire clients/fournisseurs, rapprochement bancaire mensuel — c'est plus lourd qu'une simple app comptable BNC.
- Lissage plus prévisible du résultat fiscal : si vous facturez régulièrement chaque mois, votre 2035 reflète l'activité réelle de l'exercice civil sans effet d'encaissement décalé.
- Possibilité de constater des provisions pour créances douteuses (art. 39-1-5° CGI applicable par renvoi au BNC) sur les factures clients en contentieux ou redressement judiciaire — déductibles l'année du risque, à réintégrer si encaissement ultérieur.
- La trésorerie réelle peut diverger fortement du résultat fiscal : vous pouvez payer de l'IR sur des factures jamais encaissées (gestion du BFR à anticiper).
Tableau comparatif — 8 critères de décision
| Critère | Trésorerie (par défaut) | Engagement (sur option) |
|---|---|---|
| Fait générateur recettes | Encaissement effectif | Émission de la facture |
| Fait générateur charges | Paiement effectif | Réception facture / engagement de la dette |
| Complexité comptable | Faible (relevé bancaire suffit) | Moyenne (journaux + auxiliaires) |
| Levier de modulation IR | Fort (timing paiements) | Quasi nul (timing facturation) |
| Lissage du résultat | Volatil (dépend des délais clients) | Prévisible (suit l'activité réelle) |
| Articulation TVA | TVA encaissement (par défaut services) | Cohérent avec option débit TVA |
| Provisions créances douteuses | Non admises (pas de créance fiscale enregistrée) | Admises (art. 39-1-5° CGI par renvoi) |
| Réversibilité | Aucune décision à prendre | Irrévocable 5 ans (art. 158 ter CGI) |
Cas chiffré complet — Sophie, consultante BNC réel 80 k€
Sophie est consultante data en EI au régime réel BNC, déclaration contrôlée 2035. En 2026, elle facture 80 000 € HT à ses clients B2B (tous franciliens, paiement à 45-60 jours), avec 12 000 € de charges déductibles (sous-traitance, SaaS, frais de déplacement — voir charges déductibles). Bénéfice net 2035 : 68 000 €. Son TMI 2026 est à 30 %.
Situation au 31 décembre 2026 :
- Factures émises en novembre-décembre 2026 et non encore encaissées : 15 000 € HT (3 missions clients, paiement attendu en janvier-février 2027).
- Factures fournisseurs reçues en décembre et non encore payées (sous-traitance, hébergement SaaS annuel renouvelé) : 2 500 € HT.
Scénario A — comptabilité de trésorerie (défaut)
Sophie déclare en 2035 (exercice 2026) ce qu'elle a effectivement encaissé et payé :
- Recettes : 65 000 € (80 000 facturés − 15 000 non encaissés).
- Charges : 9 500 € (12 000 engagées − 2 500 non payées).
- Bénéfice 2035 : 55 500 €.
IR (TMI 30 %) ≈ ~10 700 €. Cotisations TNS (~45 % de l'assiette après abattement social) ≈ ~22 600 €. Total prélèvements : ~33 300 €. Net en poche 2026 : ~22 200 € (sur les 55 500 € de bénéfice). Les 12 500 € de différentiel (15 000 − 2 500) sont reportés sur l'exercice 2027.
Scénario B — comptabilité d'engagement (sur option)
Sophie a opté pour l'engagement par lettre à la DGFiP le 31 janvier 2026. Elle déclare ce qu'elle a facturé et engagé :
- Recettes : 80 000 € (toutes les factures émises 2026).
- Charges : 12 000 € (toutes les factures fournisseurs reçues).
- Bénéfice 2035 : 68 000 €.
IR (TMI 30 %) ≈ ~14 400 €. Cotisations TNS ≈ ~27 700 €. Total prélèvements : ~42 100 € en 2026.
Différentiel
L'option engagement coûte à Sophie ~8 800 € de trésorerie supplémentaire en 2026 (10 700 → 14 400 = +3 700 € d'IR ; 22 600 → 27 700 = +5 100 € de cotisations TNS). En contrepartie, en 2027, les 12 500 € de différentiel ne seront plus fiscalisés (déjà inclus dans la 2035 2026).
Quand l'engagement gagne : si Sophie anticipe une baisse de revenus en 2027 (mission qui s'arrête, congé maternité, départ à l'étranger via le régime impatriés ou digital nomad), elle a intérêt à fiscaliser au TMI 30 % de 2026 plutôt qu'au TMI 11 % ou 0 % de 2027.
Quand la trésorerie gagne : tous les autres cas. C'est-à-dire la majorité des freelances qui ont un revenu stable ou en croissance — la trésorerie permet de reporter mécaniquement de l'IR sur l'exercice suivant et d'optimiser en jouant sur le timing des encaissements de fin d'année.
Procédure d'option en 4 étapes
L'option pour la comptabilité d'engagement n'est pas tacite : il faut la formaliser explicitement.
- Lettre simple à la DGFiP (Service des Impôts des Entreprises dont dépend votre cabinet) avant le 1ᵉʳ février N pour qu'elle s'applique à l'exercice N. Mentionnez votre SIRET, votre activité BNC, votre régime d'imposition (déclaration contrôlée 2035) et la phrase : « Conformément à l'art. 93 A du CGI, je formule l'option pour la détermination du bénéfice non commercial selon les règles applicables aux créances acquises et dépenses engagées, à compter de l'exercice [année] ».
- Conservation de l'accusé de réception (lettre recommandée avec AR fortement recommandée) pendant 10 ans (art. L102 B LPF) — c'est la preuve juridique de l'option en cas de contrôle.
- Mention sur la 2035 (case dédiée en première page du formulaire) chaque année : cocher la case « Option pour la détermination du bénéfice selon les règles applicables aux créances acquises et aux dépenses engagées (art. 93 A CGI) ».
- Renouvellement tacite au-delà des 5 premières années (art. 158 ter CGI). Pour dénoncer l'option à l'issue du délai, lettre simple à la DGFiP avant le 1ᵉʳ février de l'année à compter de laquelle vous souhaitez revenir à la trésorerie.
Articulation avec les autres régimes
Avec la micro-BNC
La micro-BNC est imposée en trésorerie obligatoirement. L'option engagement n'est pas disponible en micro — il faut d'abord basculer au régime réel (déclaration contrôlée 2035), puis exercer l'option art. 93 A CGI.
Avec l'EI au régime réel BIC
L'EI au réel BIC (commerçant, artisan) est imposée obligatoirement en engagement (art. 38 CGI — créances acquises et dépenses engagées). Aucune option à exercer, c'est le régime de droit commun. Conséquence : un freelance qui hésite entre BIC et BNC (par exemple un développeur qui revend du code packagé via une plateforme) n'aura pas le même choix de méthode comptable.
Avec l'EURL et la SASU à l'IS
Les EURL et SASU à l'IS sont des personnes morales. Elles tiennent leur comptabilité obligatoirement en engagement (art. 38 CGI). Pas d'option possible. Si vous basculez de BNC à SASU, vous perdez automatiquement l'option trésorerie — il faudra retraiter votre dernière 2035 BNC pour intégrer les créances acquises et dépenses engagées au moment du transfert.
Avec la TVA
La méthode comptable BNC et le régime TVA sont indépendants. En BNC, la TVA sur les services est par défaut due à l'encaissement (art. 269-2 c CGI). Vous pouvez exercer une option pour les débits (TVA due à l'émission de la facture, art. 269-2 c CGI deuxième alinéa) en l'indiquant sur chaque facture par la mention « TVA acquittée d'après les débits ». Cette option TVA peut être exercée indépendamment de l'option art. 93 A CGI sur l'IR — mais en pratique, on les exerce ensemble pour rester cohérent.
Voir TVA freelance 2026 et seuil TVA micro.
Avec les cotisations TNS (URSSAF / CIPAV / SSI)
L'assiette des cotisations sociales TNS est calculée sur le bénéfice 2035 retenu — peu importe qu'il soit déterminé en trésorerie ou en engagement. Concrètement, choisir l'engagement avance l'assiette de cotisations sur l'exercice de facturation, ce qui peut provoquer un choc de régularisation plus important en N+1.
Avec le prélèvement à la source
Le PAS BNC freelance prend la forme d'acomptes mensuels ou trimestriels calculés sur le bénéfice N-1. Bascule trésorerie → engagement = saut potentiel d'assiette qui sera répercuté sur les acomptes N+1. Anticiper en modulant à la hausse via votre espace impots.gouv.fr pour éviter une mauvaise surprise mi-2027 ou mi-2028.
Stratégies d'arbitrage selon profil
Privilégier la trésorerie (défaut) si :
- Vous facturez beaucoup en fin d'exercice (consultants en mission longue facturée à terme échu, professions libérales avec bilan annuel client).
- Votre activité est en croissance et votre TMI augmente — repousser de l'IR sur l'exercice suivant à TMI plus bas n'est plus pertinent ici, mais la flexibilité du timing reste un atout.
- Vous avez des clients à risque d'impayé (PME, startups, particuliers) — pas de fiscalisation tant que pas d'encaissement.
- Vous voulez une comptabilité simple, sans journal d'achats ni balance auxiliaire (compatible avec Indy ou Pennylane en mode trésorerie).
Opter pour l'engagement si :
- Vous anticipez une baisse significative de revenus en N+1 (sabbatique, congé maternité/paternité, départ à l'étranger) — fiscaliser maintenant au TMI 30 % plutôt qu'à 0 % ou 11 % plus tard.
- Activité très saisonnière (formateur en présentiel, kiné cabinet d'été) où la trésorerie crée de gros écarts d'une année sur l'autre — l'engagement lisse mieux.
- Vous avez des créances douteuses récurrentes et voulez pouvoir déduire les provisions (art. 39-1-5° CGI par renvoi).
- Vous voulez aligner votre comptabilité fiscale BNC sur les normes de la comptabilité d'engagement utilisées en SASU/EURL — utile si vous prévoyez de basculer en société dans 2-3 ans.
6 pièges à éviter
- Irrévocabilité 5 ans depuis LFI 2022 (art. 158 ter CGI). C'est le piège majeur. Avant 2022, on pouvait basculer trésorerie ↔ engagement chaque année. Plus maintenant. Si vous optez en 2026, vous êtes tenu jusqu'à l'exercice 2030 minimum, même si votre situation change radicalement (chute de revenus, divorce, problème de santé, opportunité fiscale étrangère). Décision à prendre après simulation pluriannuelle, pas à l'intuition.
- Oubli de mention sur la 2035 = caducité de l'option. Même si vous avez envoyé la lettre RAR à la DGFiP, il faut cocher la case dédiée sur la 2035 chaque année. Un comptable distrait qui oublie la case en année 3 peut faire perdre l'option et créer un redressement d'assiette sur les exercices passés. Vérifier systématiquement.
- Double comptage charges payées vs engagées l'année charnière. Lors du passage en engagement (ou retour en trésorerie après 5 ans), il faut retraiter avec soin les créances et dettes existantes au 1ᵉʳ janvier : les factures clients déjà émises en N-1 mais non encaissées, et les factures fournisseurs déjà reçues en N-1 mais non payées. La doctrine impose une régularisation pour éviter la double imposition (BOI-BNC-BASE-20-10-20 § 80). Sans expert-comptable, piège classique.
- Articulation avec les acomptes PAS calés sur N-1. L'année de la bascule, le PAS continue de prélever sur la base N-1 (trésorerie) alors que vous déclarez en engagement avec un saut d'assiette. Conséquence : régularisation finale 2042 avec gros chèque à payer en septembre N+1. Anticiper en modulant le PAS à la hausse dès le 1ᵉʳ trimestre.
- Confusion BNC engagement vs BIC engagement obligatoire. Beaucoup de freelances « hybrides » (développeur SaaS qui vend des templates Notion, formateur qui revend des livres, photographe qui vend des tirages) basculent sans s'en rendre compte du BNC vers le BIC mixte au-delà de certains seuils. En BIC, l'engagement est obligatoire : il n'y a plus rien à optimiser, et l'option art. 93 A CGI devient sans objet. Vérifier la qualification BNC vs BIC en cas de revente de biens (voir BNC vs BIC).
- Régularisation TVA si option débits volontaire. Si vous prenez simultanément l'option art. 93 A (engagement IR) et l'option débits TVA (art. 269-2 c CGI), vous devrez régulariser la TVA sur les factures émises avant la prise d'effet de l'option débits. Concrètement, la TVA de décembre N (sur factures émises mais non encaissées) doit être déclarée sur la CA3 de décembre N et non sur celle de janvier N+1 comme avant. Logiciel comptable à paramétrer correctement (Indy / Pennylane / Tiime ont des modes dédiés).
FAQ
Je suis en BNC réel depuis 3 ans en trésorerie. Puis-je opter pour l'engagement à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 ? Oui — lettre à la DGFiP avant le 1ᵉʳ février 2027. Vous serez engagé jusqu'à l'exercice 2031 minimum (art. 158 ter CGI). Conservation de l'AR 10 ans.
L'option est-elle rétroactive sur les exercices antérieurs ? Non, jamais. Elle prend effet au 1ᵉʳ jour de l'exercice mentionné dans la lettre. Pour 2026, lettre à expédier au plus tard le 31 janvier 2026 — passé ce délai, vous perdez l'effet pour 2026 et devrez attendre 2027.
Puis-je dénoncer l'option avant 5 ans en cas d'arrêt d'activité ? Oui : la cessation d'activité (radiation INPI, décès, liquidation) emporte automatiquement la fin de l'option, sans pénalité. La 2035 finale intègre les créances et dettes en cours selon la méthode engagement.
Mon expert-comptable peut-il opter sans me prévenir ? Non. L'option est une décision personnelle qui nécessite votre signature ou celle de votre mandataire fiscal expressément habilité. Un expert-comptable qui coche la case sur votre 2035 sans accord écrit engage sa responsabilité. Toujours valider en amont de la première 2035 d'option.
Articulation avec une bascule en SASU prévue dans 2 ans ? Si vous prévoyez de passer en SASU/EURL d'ici 2-3 ans, l'option engagement BNC peut faciliter la transition (les normes comptables sont déjà alignées sur celles d'une personne morale à l'IS). Mais attention : la cessation BNC déclenche la fin de l'option, et un apport-cession de clientèle en société peut générer une plus-value. Faire une simulation pluriannuelle.
Cas international — facturation en USD ou GBP. Pour un BNC à clientèle internationale (consultant qui facture des clients US ou UK), l'option engagement implique de comptabiliser les factures à leur valeur en euros au jour de l'émission (taux BCE). Une réévaluation au 31 décembre est nécessaire pour les créances toujours non encaissées. La trésorerie évite cette complexité car la conversion s'opère au jour de l'encaissement effectif.
Statistiques : combien de BNC réel optent pour l'engagement ? Selon les données DGFiP 2024 (BOFiP-BNC), environ 8 à 12 % des freelances en BNC réel exercent l'option art. 93 A CGI — essentiellement des professions libérales structurées (avocats, experts-comptables, médecins de cabinet de groupe), des consultants en mission longue à clients grands comptes, et des créateurs/artistes qui facturent à terme via éditeurs ou diffuseurs (voir URSSAF Artistes-Auteurs). Les indépendants solo en B2B classique (dev, coach, formateur indé) restent majoritairement en trésorerie — c'est plus simple et plus flexible.